Oral Testimony of HARERIMANA Marcel

  
  
  
  
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Title:Oral Testimony of HARERIMANA Marcel
Sequence:1 of 3
Abstract:The oral testimony of HARERIMANA Marcel, a survivor of the Genocide Against the Tutsi,recorded by the Kigali Genocide Memorial in Kigali, Rwanda. The testimony discusses early memories of childhood and family, discrimination and persecution of Tutsi before Genocide, the worst atrocities during Genocide, suffering and witnessing human rights abuses, surviving the Genocide, life after the Genocide. The testimony is given in Kinyarwanda, and an English transcript is available.
Publisher:Kigali Genocide Memorial
Language:kin
Rights:Kigali genocide Memorial
Creator: HARERIMANA Marcel


Continues with Part 2 of the Oral History Testimony of HARERIMANA Marcel.

Dock windowView Translation
Marcel: Je m’appelle HARELIMANA Marcel, je suis né dans la Cellule Bisesero, Secteur Bisesero, District de Rusenyi, province de Kibuye. Mon père s’appelle BIRARA Abinadamu, et ma mère MUKANGAMIJE Esther.
Marcel: Je suis étudiant à l’Institut Supérieur Pédagogique de Kigali.
Manu: ??
Marcel: Ok, je suis né à Bisesero, c’est là où j’ai grandi et c’est là où j’habite. En ce qui concerne mon adresse je crois que c’est ceci, quand je suis ici à Kigali, je reste à l’école. Je n’ai rien à ajouter à ce sujet.
Manu: ??
Marcel: J’ai 25 ans.
Manu: ??
Marcel: Ma vie avant le génocide? Je menais une vie bien parce que je suis né dans une famille dont les parents étaient mariés officiellement, ils m’ont éduqué, j’ai grandi, mais il est arrivé....au fait ils étaient fermiers. Puis on leur a ôté la vie quand j’avais 14 ans. Ils sont morts durant le génocide, ils n’étaient pas vieux, à cause de l’histoire du pays.
Manu: ??
Marcel: Nous étions quatre enfants dans ma famille restreinte.
Manu: ??
Marcel: Aujourd’hui nous sommes deux.
Manu: ??
Marcel: J’ai mon grand frère qui s’appelle Mukomeza Aaron.
Manu: Vous avez survécu ensemble?
Marcel: Je m’excuse ! Nous sommes ensemble.
Manu: ??
Marcel: Ok, dans les années 90, les nouvelles qui circulaient partout,dans notre zone, mais que personne n’avait encore vu de ses propres yeux ,c’était la guerre menée par les Inkotanyi! Certains paysans disaient que la guerre était causée par certains d ‘entr’ eux, des gens avec qui ils cohabitaient, à qui ils avaient marié leurs enfants : Je parle de la guerre entre les Hutus et les Tutsis. Donc ils ont voulu faire porter le chapeau à ces gens [les Tutsi] en disant que ce sont eux qui emmenaient les Inkotanyi [FPR] de l’étranger ou encore qu’ils étaient responsables de la venue des Inkotanyi[FPR] dans le pays, ils ont tout fait pour éloigner leurs semblables. Ils [les Hutu] disaient aux leurs de ne couper tout contact avec ces gens là [les Tutsi], avec qui ils cohabitaient pourtant. La guerre a continué dans les années 90, 91, puis en 92 les tueries ont débuté dans certaines zones comme Rusenyi, dénommée Rushyita actuellement ; dans des endroits comme Itabire, les Hutu tuaient les Tutsi. Cela a continué puis vers 1993, on tuait à Sovu, mais ils tuaient d ‘une manière secrète, puis des gens ont été mis en prison parce que l’on prétendait que c’était des traitres. Ces gens ont été maltraités, torturés, on peut citer l’exemple de Munyaneza Jean Paul qui avait été relâché ensuite, il a eu de la chance de s’enfuir vers l’étranger. Après cette période de prise des [prétendus] traitres, en 1994 est arrivée une guerre, comment dire sans merci ! cette guerre a rayé tout ce qui est Tutsi. Ce qui a été le mobile de cette guerre, je peux dire que c’était la mort d’Habyarimana mais je ne dirai pas non plus que sa mort est la cause de la guerre ! puisque depuis les années 90, il y avait la guerre excepté que leur système était de liquider surtout les gens qui occupaient des postes dans le Gouvernement, les enseignants, et ceux qui étaient dans d’autres domaines de l’emploi. Ce système a eu lieu entre 1993 et 1994. Mais en 1994, ils n’épargnaient personne soit disant qu’ils allaient tuer uniquement les enseignants, et d’autres...tout Tutsi devait être tué. C’est ainsi que les gens ont utilisé le voile de la mort d’Habyarimana pour commettre le génocide.
Manu: Décris - nous en peu de mots Bisesero !
Marcel: La Cellule Bisesero ? eh bien Bisesero se trouve à l’ouest de Kibuye, il est proche des communes suivantes : Gisovu, Gishyita, Rwamatanu et Gitesi. Il y a approximativement moins de 10 km de la plage à la Cellule Bisesero. Au fait, je vous faisais une brève description du Secteur Bisesero, en ce qui concerne la Cellule Bisesero, je ne sais comment la décrire tellement elle est petite.
Manu: ??
Marcel: Ok, décrire la Cellule, au fait c’est comme quitter Kibuye, jusqu’à la Province, puis se diriger vers la Commune Gitesi, puis traverser Gishyita et enfin prendre la route qui conduit à la forêt de Nyungwe. Près de Gisovu, avant d’arriver à l’usine, cela représente environ 8 kms en revenant au point de depart.
Manu: ??
Marcel: Non, j’étais en 6ème.
Manu: Ou l’as- tu faite ?
Marcel: Je l’ai faite à Bisesero.
Manu: ??
Marcel: Excusez-moi. C’était l’école primaire.
Manu: ??
Marcel: Avant 1990, je ne sais pas comment te dire mais je ne pouvais pas savoir que tel ou tel était Hutu et tel était Tusi, parceque je suis né dans une zone où je trouvais que tout le monde se ressemblait. Ils n’étaient pas divisés du tout ! Au fait la ségrégation a débuté dans les années 90 quand ils identifiaient que tel est Hutu et tel est Tutsi. En fait ce qui faisait que je ne puisse pas savoir distinguer les deux ethnies avant, c’est que j’ai grandi dans une communauté où ils s’offraient des vaches, mariaient leurs enfants [Hutus aux Tutsi et vice- versa], je ne pouvais donc pas dire que tel est ceci et tel est cela.
Manu: ??
Marcel: C’est au fur et à mesure que je grandissais que j’entendais dire que tel est Hutu, tel est Twa et tel est Tutsi. Il est arrivé un moment ou j’ai compris cet énigme. Mais jusqu’à présent, moi je pense que ces histoires d’ethnie n’ont aucun fondement. Qu’on soit Tutsi ou qu’on soit Hutu, je pense que ces deux ethnies sont tous les mêmes parce qu’ils parlent tous la même langue qui nous unit tous [les Rwandais]. Et ainsi je crois que je n’ai toujours pas compris ce que c’est Hutu ou Tutsi.
Manu: ??
Marcel: Ok, moi je n’accorde aucune importance à ceci parceque, je trouve que ce sont certaines personnes qui avaient bien des intérêts et pour y parvenir, se sont couverts du voile de l’ethnie. Cela n’a vraiment aucune valeur.
Manu: ??
Marcel: L’atmosphère se métamorphosait vers la fin des années 90 jusqu’en 94 lorsque dans les écoles, les enseignants nous disaient : « toi tu es Tutsi, toi Hutu, et toi un Twa ». Mais parmi les élèves, ces propos - là n’étaient pas connus. Tu pouvais t’apercevoir que l’enseignant se dirigeait vers toi, t’observait en face, [observait]ta taille et la personne que tu es et pouvait te dire que tu es Tutsi. En plus, la plupart de ces enseingants connaissaient nos parents sans qu’on le sache ;il arrivait même qu’il[un enseignant] te dise : « Que les Tutsi se lèvent ! ». Quand on ne se levait pas, il te disait : « toi tu es Tutsi, je le sais bien, lève- toi ! », tu te levais sans pourtant accorder de l’importance à cet acte, parce qu’on se disait que prononcer [les termes] Hutu ou Tutsi, c’était semblable aux noms que portent les gens.
Manu: ??
Marcel: Ceci je le savais ! Des gens m’avaient dit que j’étais Tutsi tout comme je l’avais appris à l’école. C’est ainsi que nous avons grandi en tenant compte qu’il y a des Tutsis et des Hutus.
Manu: Comment l’as- tu appris ?
Marcel: Je l’ai appris dans les années 90.
Manu: ??
Marcel: Non je ne le savais pas.
Manu: Tu nous as dit qu’il y a eu des tueries en 1992 !
Marcel: Oui dans les zones telle que Rusenyi ! Mais elles n’ont pas eu lieu dans la nôtre parce que la majorité de la population chez nous était ce qu’ils appellaient les Tutsi. Ils avaient donc peur d’entrer dans cette zone. Au contraire, ils allaient dans des zones où le nombre des Tutsis était minime, puis les massacraient. Il ne passait pas 4 ou 5 mois sans qu’on ne les tue !
Manu: En ce qui concerne les Partis Politiques, dis nous comment....
Marcel: C’était la période des Partis Politiques, je ne me souviens pas très bien si c’était cette année- là [1992] que le M.D.R [Parti Politique] est ne....on parlait d’ Arusha ... La naissance de tous ces Partis Politiques n’a pas empêché l’idéologie ethnique parce que c’était clair qu’il créait un Parti sur base de l’ethnie. Ceci faisait que les Rwandais, habitant Bisesero, n’appréciaient pas cela.
Manu: ??
Marcel: Expliquer 1994 est une chose très vague. Ceci débuta avec la mort d’ Habyarimana, juste après la chute de son avion [dans lequel il était]. Ils [les Hutus] accusaient aux Tutsi en disant que ce sont eux qui ont assassiné le Président Habyarimana et par conséquent ils devaient mourir aussi. Le 07 avril 1994, nos voisins Hutus prenaient la fuite et se réfugiaient dans d’autres zones avec les leurs [Hutus]. Mais d’autres avec qui nous avions vécus, avec qui nous nous offrions réciproquement des vaches, mariions nos enfants, sont venus nous apaiser en disant qu’il n’y aurait pas de guerre et que même si elle arrivait, ils nous aideraient quoi qu’il en soit. Ils nous ont réconfortés et nous nous sentions en sécurité. Le 08 Avril 1994, les attaques de la Police Communale escortée par une centaine de civile, surgirent. A leur arrivée, ils posaient la question de savoir s’il y avait la sécurité dans notre Cellule puis on leur répondait en ces mots : « il y a des brigands qui viennent voler, piller, nous pourchasser... on n’a pas la paix ici ! ». Ils nous ont ensuite dit : « soyez sans crainte, au contraire allez nous apporter vos armes, que ce soit des machettes, lances, bâtons...bref toutes vos armes traditionnelles, nous nous chargerons de votre sécurité. »
Certains ont rendu leurs armes, les autres ont refusé. Mon père tenta de leur faire comprendre qu’ils ne devaient pas rendre leurs armes. Il leur disait : « vous ne savez rien de ces gens !ils ont fait pareil en 1959 et 1973. Ils nous avaient d’abord rassurés que rien ne nous arriverait mais ensuite ils nous ont tués ! ». Certains ont compris et ont pu cacher leurs armes mais d’autres les ont rendues. Les policiers ont donc gardé les armes à la Commune. Le lendemain, c’était le 09 Avril 1994, ceux qui étaient nos voisins auparavant mais qui s’étaient mis à l’écart pour rejoindre les leurs [Hutus], ont surgi en masse avec des policiers qui ont aussitôt tiré des coups de feu. Ils tuaient des innocents sans défense en disant que nous cachions des soldats Inyenzi, que l’on ne connaissait même pas, et que nous avons tué aussi le Président Habyarimana ! Ils ont placé tout le crime sur nos épaules[ils nous ont accusés de ce crime], nous avons été reconnus coupables, et ils se sont même servis de ce crime pour nous massacrer. Ce jour -là [le 09 Avril 1994], les policiers n’ont pas tué plusieurs personnes. Les Tutsis se sont ensuite mis ensemble pour s’organiser en disant : « les Hutus ont l’intention de décimer tout Tutsi, nous devons donc nous défendre et ne pas mourir comme des lâches. ». ils se sont ensuite organisés en prenant des armes telles que des machettes, des lances, de petites houes, et même des pierres. Ils se sont affrontés avec les interahamwe, mais eux [les interahamwe] étaient escortés par des policiers qui possédaient des armes à feu.
Nous avons résisté contre ces assaillants pendant une semaine. Nous avons réussi à tuer quelques-uns qui possédaient des armes traditionnelles ou des armes à feu, nous les confisquions et les gardions puisque nous ne savions pas comment les utiliser. Lorsqu’ils constatèrent une perte considérable de leurs hommes, ils [les interahamwe] ont été effrayés en disant : « ces gens, ce sont des kamikaze !il y a sûrement des soldats Inyenzi parmi eux ! il faut faire appel aux militaires parce que nous ne sommes pas en mesure de les vaincre ». Cependant presque tous les policiers étaient déjà morts, tués par des individus qui se défendaient. Ils ont été pris de panique et ont ensuite pris une ou deux semaines de repos. Les gens ont rapidement repris leurs activités en disant que la guerre était terminée. Ils se rendaient aux champs, d’autant plus que c’était la période de semence. Mais avant ces deux semaines, tous les policiers de presque toutes les quatre communes : Gishyita, Gisovu, Gitesi et Rwamatamu, se sont entendus que tout Tutsi qui s’était réfugié dans l’une de ces trois communes, devrait être tué ! ils les ont poursuivis, leur ont tiré dessus mais ils se défendaient aussi et ont pu tuer quatorze policiers. Parmi ces policiers, figuraient Rukazamyambi, Rwigimba... mais ce dernier leur a échappé quoique que blessé. Les autres, je n’ai pas pu les identifier car à cette époque, je n’en connaissais pas beaucoup.
Manu: Ces gens que tu as cités, qui étaient-ils ?
Marcel: C’était des policiers. Depuis lors, ils ont pris l’initiative de ne plus jamais rentrer à Bisesero. Quand nous avons passé deux semaines sans que nous soyons agressés, nous nous sommes dit que la guerre était finie. Mais après, est arrivée une attaque purement militaire organisée par la Garde Présidentielle. Nous avons essayé de nous défendre avec des armes traditionnelles, quand tu lançais une pierre, ils t’ignoraient et se rapprochaient. Ils n’avaient qu’un objectif : nous tirer dessus. Nous avons résisté et quand ils ont vu que nous n’avions aucune intention de fuir, et qu’on avait deja tué un lieutenant, ils ont pris la fuite. Mais en fuyant vu qu’ils avaient perdu des hommes, ils ont essayé de rassembler les troupes qui venaient de Kibuye, de Gisenyi... bref ceux qui fuyaient les autres régions et qui passaient par Bisesero. Il s’en est suivi des tueries incessantes !Les plus faibles comme les femmes et les enfants ont été tués à la machette... si je m’en souviens bien, je crois que celui qui a survécu le lendemain, était une personne apte, capable de courir. D’ailleurs je ne dirais pas que c’est parce que l’on fuyait qu’on a pu se sauver !C’est Dieu qui sauvait les gens parceque tu pouvais t’enfuir et leur échapper mais en même temps c’était se jeter dans la gueule du loup de l’autre côté ! ce qu’on fait c’est quoi, chacun s’en allait chercher un moyen de fuir pour mourir un peu plus loin à environ 100 mètres. Ceux qui sont restés en vie ce jour -là, je ne peux appeler ceci le fait de survivre mais de demeurer. La guerre a continué jusqu’aux mois de Mai et Juin, c’était la même scène, courir tout le temps. On se disait que au cas où ceux de derrière nous rattrapaient, nous nouss battrions contre ceux de devant pour trouver un passage et traverser. Nous avons fui en courant jusque de l’autre côté, et pendant ce temps, les gens étaient continuellement tuées, les femmes violées... les gens etaient tuées d’une manière horrible.
Mais la nuit tombée, ils [les tueurs]s’en allaient chez eux.Ils [les interahamwe] avaient l’habitude de rentrer tôt, vers 16 heures. Une fois, le Ministre de l'information était arrivé pour une visite à Bisesero, il a croisé des interahamwe qui rentraient puis leur a demandé : « qu’est-ce qui vous fait rentrer si tôt ? » puis ils lui répondirent qu’ils étaient fatigués. Il leur a ensuite dit : « celui qui se bat contre un ennemi n’a pas le droit de se reposer à cette heure- ci !Vous allez désormais rentrer à 18 heures ». L’ordre était ainsi mis en application. Ils allaient tuer et rentraient à 18 heures. Mais une autre chose qui s’était rajoutée à la faiblesse des fugitifs, c’est qu’il n ‘y avait aucune maison pour s’abriter, celles qu’on trouvait c’était des ruines, ils[les anciens occupants de ces maisons] avaient emporté tout le bétail... il n’y avait rien à manger, c’est d’ailleurs durant ce mois de Juin que plusieurs personnes sont mortes de faim puisqu’ils n’avaient nulle part où trouver de quoi manger. Et puis il [le Tutsi] ne pouvait pas se rendre dans les champs, il attendait la nuit pour aller voler à manger dans une maison abandonnée par des gens qui avaient peur d’y retourner. Nous sous sommes ensuite décidés de prendre le chemin de Nyungwe. Sur le chemin, on nous tirait dessus, nous étions environ 3000 personnes puis ils nous ont fait reculer ;les uns se sont rendus dans la forêt de Nyungwe puis les autres sont revenus à Bisesero sur la colline de Muyira. Ils ont campé sur cette colline, ce n’était pas un camp pour préparer le champs de bataille mais pour attendre la mort. Mais de grâce, plus les jours s’écoulaient plus au moins une personne survivait, même s’ils[les interahamwe] en tuaient toujours !
L’évènement qui a suivi, était l’arrivée des Français[soldats Français]. Quand nous les avons vus, nous pensions qu’ils étaient arrivés pour nous porter secours ! Ils sont arrivés, il y avait un homme dénommé Nzabihimana Eric, actuellement Maire de Tabire, qui est allé à la rencontre de ces Français[soldats Français] mais c’était du suicide. Il s’était d’abord caché sur le bord de la route, puis s’est introduit dans l’une des voitures qui s’y trouvaient. Il se disait qu’elles ne pouvaient pas appartenir aux interahammwe et même s’ils[les interahamwe] se trouvaient à l’intérieur [de ces voitures], ils ne pouvaient pas nous battre. Il trouvait que ceux qui étaient arrivés dans ces voitures n’étaient pas des gens ordinaires ; et puis nous étions habitués au fait que les interahamwe se déplaçaient dans des camions comme de marque TATA ou DAIHATSU, ou encore dans des bus. Il [NZABIHIMANA Eric] s’est donc entretenu avec ces hommes Blancs et a exposé le problème en leur disant que la guerre, qui se déroulait à Bisesero, était une guerre civile : des gens quittaient leurs localités pour venir les agresser avec des armes modernes et automatiques. Les hommes Blancs lui ont répondu de ne pas paniquer et d’attendre quelques jours puis ils viendraient à notre secours. Mais ensuite, nous nous sommes rendu compte que ce n’est pas du tout ce qu’ils étaient venus faire. Au fond, ils étaient venus voir le nombre de rescapés puisqu’ils étaient avec un interahamwe qu’ils avaient caché pour qu’Eric ne puisse pas le voir ; il l’avait vu quand la voiture avait démarré.
Manu: ??
Marcel: C’était des Français [soldats Français]
Manu: ??
Marcel: C’était des militaires mais parmi eux se trouvaient des journalistes... Ensuite l’interahamwe est rentré avec eux et nous, nous sommes restés là !Nous étions à un endroit fixe, nous étions éparpillés et ceci leur posait des problèmes quand ils venaient nous tuer parcequ’ils n’arrivaient pas à nous rassembler. Ils pouvaient pourchasser un groupe et le tuer, mais les autres restaient. Le lendemain, il est arrivé une attaque sans précédent, les interahamwe de ce Secteur sont venus, une attaque qui n’épargna personne. Ils ont tué jusqu’au point de se dire qu’il n’y avait pas de rescapés, qu’ils ne reviendraient plus pour tuer! Mais quand ils rentraient, ils pouvaient facilement distinguer les silhouettes sortant des buissons puis ils se dirent : « vous savez quoi, il y a encore des Tutsi à Bisesero, nous devons y retourner un de ces jours. » Trois jours plus tard, les hommes Blancs [les soldats Français] sont revenus. Ils demandaient: « où se passe la guerre ici ? », ce n’était pas la première fois qu’ils posent cette question. Ils avaient rencontré Ndayisaba, qui est actuellement un étudiant au KIST[Institut de Science et de Technologie de Kigali]. Il leur a répondu ceci: « la guerre se passe ici ! » ils lui ont ensuite demandé : « qui sont vos agresseurs ? », il leur dit à son tour : « ce sont des paysans , des militaires et des interahamwe qui viennent nous massacrer ». les Français sont ensuite partis mais en se dirigeant du côté où les interahamwe provenaient. Quand ils y sont arrivés, les interahamwe se sont expliqués en ces mots : « ce ne sont pas nous qui leur faisons du mal, au contraire ce sont eux qui se déplacent pour venir nous tuer ! ». Les Français leur ont posé la question suivante : « si ce sont réellement eux qui viennent vous agresser, pourquoi y a t-il des ruines chez eux et non pas chez vous ? », puis les interahamwe disaient : « cela n’est pas le problème ! » mais ils répondaient ainsi parce qu’ils n’avaient pas d’explication à ceci [à la question] ! Les Français sont ensuite revenus à Bisesero où ils se sont encore entretenus avec Nzabihimana Eric qui leur a dit : « si vous ne nous faites pas évacuer, vous non plus n’allez pas partir d’ici ! ». Les Français ont ensuite pris l’initiative de mettre en place un camp pour pouvoir prendre soin des malades et ainsi donc sauver des vies humaines.
Dock windowUbuhamya Bwanditse
Harerimana Marcel: Nitwa Harerimana Marcel, nkaba mvuka muri selire ya Bisesero, Secteur ya bisesero, District ya Rusenyi Province ya Kibuye. Nkaba nkomoka kumubyeyi wanjye umugabo yitwa Birara Aminadabu, mama akaba yitwa Mukangamije Esther.
Manu: Ukora iki?
Harerimana Marcel: Ndi umunyeshuri, niga mu ishuri rikuru nderabarezi rya Kigali.
Manu: wakomokaga kuri nde? mwari bangahe muri famille?
Harerimana Marcel Ok! Navukiye muri Bisesero nkurira muri bisesero kugeza nanubungubu nkaba ariho mbarizwa. He!!Ndumva kubyerekeranye n'ahantu mba ari ibyo navugaho iyo mvuye Bisesero nza hano kuu ishuri ntakindi narenzahongaho.
Manu: Ufite imyaka ingahe?
Harerimana Marcel: Imyaka yanjye mfite imyaka makumyabiri n’itanu (25) .
Manu: Sa n'utubwira kubuzima bw mbere ya genocide muri make.
Harerimana Marcel: Ok ubuzima bwanjye bwa mbere ya genocide? Bwari bwiza kubera yuko mbere ya genocide navukiye mu muryango w'ababyeyi babiri bashakanye byemewe n'amategeko barandera ndakura biza kugera ndakura abo babyeyi bakaba bari aborozi, baza kuvuswa ubuzima bwabo ngejeje mu myaka cumi nine (14), bicwa na Genocide, batari bashaje ahubwo bitewe n’amateka y’igihugu.
Manu: Mwavutse muri bangahe?
Harerimana Marcel: Twavutse turi abana bane (4).
Manu: Ubu musigaye muri bangahe?
Harerimana Marcel: Ubu turi babiri (2).
Manu: Uwo mwasigaranye ninde?
Harerimana Marcel: Mfite mukuru wanjye witwa Mukomeza Aaron.
Manu: Niwe musigaranye?
Harerimana Marcel: Pardon. Niwe dusigaranye.
Manu: Tubwire ubuzima bwawe hagati ya mirongo cyenda na mirongo cyenda na kane.Kubwawe uko wabibonye uko byagiye bihinduka sa nuturakonta ukuntu wagiye ubona ibintu wowe ubwawe?
Harerimana Marcel: Ok! Muri mirongo cyenda ubundi ikintu cyavugwaga cyane, cyari gikwiriye muri kariya gace abaturage bakundaga kuvugaho ariko batarabona n'amaso yabo Hee!! N’ibintu byerekeranye n'intambara y'inkotanyi hee?!Ugasanga abaturage bamwe bafata iyo ntambara bakayitwerera bagenzi babo bari baturanye, bari barabanye, bari barahanye amaka, banashyingiranaga. Ubwo ndavuga intambara hagati y'abatutsi n’abahutu. Ubwo ngubwo abo baturage bamwe batwererwaga igikorwa nk'icyo ngicyo cy’uko aribo bahamagara inkotanyi hanze cyangwa se aribo nyirabayazana y'inkotanyi zirimo kuza mu gihugu, bageragezaga kwigizayo bagenzi babo Bakabatwerera icyo kibazo, bakababwira ko badakwiriye gusangira nabo batangira kunena bamwe mu baturage bari baturanye, ubwo intambara irakomeza muri za mirongo icyenda na rimwe icyenda na kabiri (92) niho baje kugarura iby'uburakari batangira kwica mu duce tumwe na tumwe nko muri za Rusenyi yahoze ari Gishyita ubungubu ari Gishyita aho bita mu Itabire abahutu batangira kwica abatutsi, he!!!Birakomeza biza kugera, icyenda na gatatu (93) naho batangira kwicwa muri za komine Gisovu, ariko batangira kwicwa mu buryo butazwi abandi barafungwa bitwa ibyitso by'inyenzi, bakorerwa nabi barahohoterwa, muri abo bantu twavugamo nk'uwo bita Jean Paul Munyaneza he!!Wabashije no kuza gufungurwa muri icyo gihe cy'ibyitso ava mu gihugu ajya hanze ku bw'amahirwe arokoka intambara, ubungubu nawe akaba ariho. Ikindi navuga n’uko ibyo ngibyo birangiye by’ibyitso muriza za mirongo cyenda na kane, noneho haje igikorwa cy’intambara navuga ko ari simusiga, intambara ikuraho buri muntu wese witwa umututsi, iyo ntambara iza! Mbese inkomyi yayo, cyangwa se icyayiteye nk'intangiro navuga ko ari nk'urupfu rwa Habyarimana navuga ko ari nkayo mbarutso ariko ubundi ntabwo urupfu rwa Habyarimana mbona ko arirwo rwateye intambara, ahubwo intambara na kera yari iriho uretse ko hariho sisitemu yo kwica abantu cyane cyane bagiye bagarara nko mu buyobozi, aba abarimu no mu bindi bice byose by’abakozi. Icyo gikorwa rero cyabayeho hagati ya mirongo cyenda na gatatu n'icyenda na kane. Icyenda na kane noneho ibyo ngibyo byararetse ntabwo bavugaga ngo haricwa umwarimu ngo haricwa umeze gute ahubwo hicwaga icyo bita umututsi cyose, abantu bitwaza urupfu rwa Habyarimana babasha gukora Genocide.
Manu: Nko kumuntu utahazi, sa n’unsonbanurira Bisesero !
Harerimana Marcel: Selire Bisesero, segiteri Bisesero ? Ok selire Bisesero segiteri Bisesero.Ok selire Bisesero iri mu burengerazuba bwa Kibuye, he! Ifata kuri komine Gisovu, Gishyita, Rwamatamu ndetse na Gitesi. Ugereranyije uvuye nko ku mazi ujya kuri selire Bisesero ntabirometero icumi wagenda. He!!!Ariko aho ngaho mbese ni murwego rwo kwerekana bisesero aho iherereye yose nka segiteri, ubundi selire yo ndumva kugera kuri selire ni hatoya cyane ntabwo wabasha kuyidekiriva.
Manu sa n'usobanura uti wenda hari agahanda kacaga aha ngaha, hari agacentre.
Harerimana Marcel: Ok !ubundi selire uko nayidekiriva ni uko wavaga muri Kibuye, kuri kapitari kuri province ukagenda ukagera muri komini urangije komini Gitesi ukagera muri komini Gishyita ukazamuka umuhanda ufata Nyungwe he! Hafi hamwe na za gisovu ku ruganda utaragera ku ruganda ni nko mu birometero bi!! Umunani usubiye inyuma.
Manu: Intambara yabaye waratangiye segonderi?
Harerimana Marcel: Oya nigaga siziyemu.
Manu: Wayize he?
00:11:59 Harerimana Marcel Nayize mu Bisesero.
Manu: Hari hari primaire?
Harerimana Marcel: Pardon, Hari hari primaire.
Manu: Mbere ya genocide ,mbere yaza mirongo cyenda wowe wari uzi icyo umuhutu,umututsi icyo aricyo wari ubisobanukiwe?
Harerimana Marcel: Ubundi mbere ya mirongo cyenda, ntabwo nakubwira ngo umuhutu yari uyu ngo umututsi yari uyu kuko navukiye mu gace nabonaga abantu bose basa. Ntabwo bari batandukanye ahubwo iby’ubututsi n’ubuhutu njye nabimenye muri mirongo cyenda batangiye kuvangura bavuga bati uriya ni umututsi uriya ni umuhutu. Kubera yuko impamvu, mbere ntari mbizi nuko nabonaga abantu bari bahatuye mbere baragabiranaga barashyingiranaga ngasanga ntavuga ngo uriya n'iki uyu n'iki.
Manu: Byahindutse bite?
Harerimana Marcel: Uko nagendaga nkura, imyaka irushaho kwiyongera, niko nagendaga numva abantu bavuga bati uriya n'umuhutu, uriya n'umutwa, uriya n'umututsi. Noneho bizakugeraho mbasha gusobanukirwa neza icyo umuhutu aricyo n'icyo umututsi aricyo, ariko kugeza na nubu nsanga njyewe biriya by'umuhutu n'umututsi ntavuga ngo bifite ishingiro kubera yuko ari umututsi w' umunyarwanda ari n’ umuhutu, mbona bose ari abantu bamwe kuko bose bavuga ikinyarwanda, basangiye ururimi ari nacyo kiduhuza twese abanyarwanda. Nkaba nsanga ubuhutu n'ubututsi jyewe ntarabusobanukirwa, ngo mvuge ngo uriya n'umuhutu uriya n’umututsi.
Manu: Ntakamaro ubona kabyo.
Harerimana Marcel: Ok, jye biriya nta kamaro mbiha nta n’agaciro, ahubwo nsanga ari uburyo abantu bamwe bashakaga, nk'uko bajya baca umugani ngo ijya gucura indi yigira nkuru, n'abantu bashakaga wenda inyungu ku bandi batangira kubatwerera ubwoko. Nkaba mbona biriya nta gaciro nabiha.
Manu: Wowe ubwawe ni ryari watangiye kubona ko atimosifere yahindutse?
Harerimana Marcel: Ok Atmosphere yatangiye guhinduka mu mwaka wa mirongocyenda na rimwe (1991)…mu mpera ya za mirongocyenda kugeza muri za mirongocyenda na kane ubwo bazaga mu mashuri aho twigaga, abarimu bakavuga bati: ‘wowe uri umututsi, wowe uri umuhutu, wowe uri umutwa’. Ariko ibyo bintu twebwe bamwe mubanyeshuri twebwe nta nubwo twari tubizi, wumvaga gusa umuntu aje akabikubwira akakureba uko uteye, uko umeze, akakureba igihagararo akakwita umututsi. Cyane cyane ko bamwe muri abo barimu bari baziranye n'ababyeyi bacu, twe tutanabizi, hari n'ubwo bazaga mu ishuri bakavuga bati abatutsi nimuhaguruke! Ntiduhaguruke akakubwira ati wowe haguruka uri umututsi ndabizi, ugahaguruka ariko wumva ntagaciro ubihaye wumva yuko uko wavuga umututsi cyangwa se umuhutu ari nko kuvuga amazina y’abantu.
Manu: Wari uziko uri umututsi?
Harerimana Marcel: Ibyo ngibyo nari mbizi kuko bari barabimbwiye bati uri umututsi nkabibwirwa n'abantu nkuko nguko mu mashuri. Ubwo ngubwo dukura tuzi dufite iyo ndero yuko hari abatutsi n’abahutu.
Manu: Wabimenye nka ryari kuri umututsi?
Harerimana Marcel: Nabimenye muri za mirongo icyenda.
Manu: mbere ntabyo wari uzi?
Harerimana Marcel: Ntabyo nari nzi.
Manu: Wavuze yuko muri za mirongo icyenda na kabiri habaye ho ubwicanyi !
Harerimana Marcel: Yego, muri za Rusenyi! Ntabwo byigeze bigera iwacu ariko impamvu bitahageze nabyo, n'ukubera ko akenshi mu gace kacu habonekagamo abo bitaga abatutsi benshi cyane bigatuma batinya kuhinjira noneho bakagenda ahubwo bagafata mu gace cyangwa bagafata mu duce tumwe natumwe twarimo abantu bakeya, bita abatutsi, akaba aribo bibasira bakabica. Ntabwo hashiraga amezi ane cyangwa atanu batabishe.
Manu: Mu gihe cy’amashyaka, tubwire uko…..
Harerimana Marcel: Nicyo cyari igihe cy'amashyaka ntabwo nari nkikibuka neza niba aricyo gihe habayeho amashyaka menshi, ha vuka za M.D.R … bavuga Arusha …ibyo by'amashyaka bimaze kubaho ntabwo ibyo bimaze kubaho ntabwo ibyo ubututsi n'ubuhutu byahagaze kuko wasangaga nanone bafata ishyaka bakaryitirira ubwoko ibyo bigatuma abanyarwanda, b’abasesero, batarebana neza.
Manu: Sobanura icyenda na kane
Harerimana Marcel: 94 kuyisobanura yo ni nk'urujijo ! yatangiye ku rupfu rwa Habyarimana, indege ye imaze kugwa. Abari abahutu bigabiza abatutsi batangira kubica. Batangira gufata urupfu rwa Habyarimana barutwerera abatutsi. Bavuga yuko abatutsi aribo bishe Habyarimana, nabo kuko bagomba gupfa. Ubwo ku itariki ya 7 abari abaturanyi bacu (abahutu) batangira guhunga batuvamo basanga bene wabo mu bindi bice. Bamwe baraza baradusanga, abo twari twarahanye inka, abo twari twarahanye abageni, baratubwira bati nimuhumure nta ntambara izaba, tuzabafasha kurwana, tuzabafasha… tuzabarinda uko byagenda kose. Ubwo natwe twumva ko dufite umutekano. Ku itariki umunani nibwo hatangiye kubaho ibitero by'abapolisi ba komini, batangira kuza bazanye n'abaturage ariko atari benshi cyane. Bageze aho ngaho, batangira kubaza bati bite hano muri iyi selire umutekano umeze gute ? ‘‘n'uko hari abantu barimo kuza, bakatwiba, bakadusahura, bakatugereka…..mbese batumereye nabi.’’ bati ‘‘nimuhumure ahubwo mugende muzane intwaro mufite yaba imipanga, yaba amacumu , zaba inkoni… mbese ibikoresho byose bya gihanga byo kurwana mubituzanire ubundi tuzabarinda, nta mutekano wanyu uzahungabana’’.
Ubwo ngubwo bamwe ibikoresho bya gihanga barabibima, hari umugabo witwa Birara, papa, agerageza kubwira abo baturage ati ibyo bikoresho mwibitanga nimubihishe. Bariya bantu ntimuzi ibyabo, muri za 73, za 59 ni kuriya batugenje, batangiye baturema agatima ariko nyuma yaho baza kutwica. Abaturage bamwe barabyumva, ibikoresho barabihisha abandi barabitanga kubera ubwoba, abapolisi babijyana kuri komini. Bukeye nko ku itariki 9 nta kindi abapolisi bakoze twagiye kubona, tubona haje ibitero by’ abaturage, babandi bandi bari baturimo b'abahutu batuvuyemo barigendeye, ibyo bitero biraza, abapolisi batangira kurasa, barasa abaturage b’inzirakarengane nta ntwaro bagiraga n’ubwo badutwereraga ko twishe HABYARIMANA tukaba duhishe n'INYENZI, ntazo twari duhishe, nti twari tuzi n'icyo ari icyo, ariko icyo gikorwa baracyidutwerera, kiraduhama, baranagikoresha, babasha no kutwica. Ubwo abapolisi baje ku itariki 9, bishe abaturage bakeya, abaturage nabo b'abatutsi batangira kwiyegeranya baravuga bati ‘‘rero mwebwe murabona ibintu byakomeye, baravuga y'uko ikintu bita umututsi cyose kigomba gupfa, bagomba kwica umwanzi. None muhagarare mwirwaneho mupfe kigabo. Ubwo abaturage batangira kwiyorganiza bafata intwaro za gakondo, amacumu, uduhoro, udusuka, ndetse n'amabuye. Ubwo ngu bwo batangira guhangana n’abicanyi. Bararwana intambara y' abaturage, ariko izo nterahamwe zo zazanaga n’abo bapolisi bafite intwaro.
Tugerageza guhangana nabo hashira nk'icyumweru. Muri abo bantu baje badutera, habashije gupfamo bacye, ari abari bafite intwaro za gakondo, ari abari bitwaje intwaro za gihanga cyangwa se iza kizungu izo ntwaro turazibaka turazibika kuko tutari tunazi no kuzikoresha ariko noneho, babonye y’uko batangiye gupfa baravuga bariya bantu n’ibyihebe! Bati hashobora kuba harimo n'inyenzi mwebwe icyo mugomba gukora n'uguhuruza abasirikare kuko bariya bantu ntitwabishoboza. Hagati aho ngaho, abapolisi hafi ya bose nabo bari bamaze gupfa bishwe n'abirwanagaho. Ubwo bagira ubwoba, bamaze kugira ubwoba, bafata nk'ikiruhuko cy'icyumweru cyangwa se bibiri. Ubwo abaturage bari batangiye no kwirara bavuga ko babonye umutekano, bagomba gukora imirimo isanzwe intambara yarangiye. Bari batangiye no guhinga, dore ko hari igihe cy’ihinga. Ariko mbere y'uko ibyo byumweru bibiri bigera, ku itariki ya 13, noneho haragiyee...hakorana abapolisi b'amakomini agera muri ane Gishyita, Gisovu, Gitesi na Rwamatamu. Aho umututsi yahungiye hose barahagera, barabarasa abandi nabo baranga bararezista barakomeza barwana nabo, bica abapolisi nka cumi bane (14), harimo abo bita ba Rukazamyambi, ba Rwigimba ariko uwo we yarabacitse, baramutemye aranga aranagenda. Abandi ntabwo mbashije kubamenya kuko jye we icyo gihe ntabwo nari nzi benshi.
Manu: Abo bantu uvuga bari bantu ki?
Harerimana Marcel: Bari abapolisi. Ubwo nibwo bahise bafata ingamba, abo baturage n'abo ba polisi, y'uko batazongera kugaruka mu Bisesero. Ibyumweru bibiri rero bimaze gushira twariraye tuzi ko nta ntambara izaba, haje noneho aba G.P, haza abasirikare gusa. Baratangira bararasa, tugerageza kurwana nabo dukoresha intwaro za gakondo biranga, wagerageza gutera ibuye bakakwihorera bo bakaza bakwegera gusa icyo bagamije ari ukurasa. Turarwana icyo gihe turarwana aho bigeze babonye ko twanze guhunga tumaze kwicamo umu Lieutenant, bariruka. Bamaze kwirukanka, nabwo babonye ko ingufu zabo zibaye nke bagerageje noneho kugenda bakusanya ari abasirikare baturutse ku Kibuye ari abava i Gisenyi… mbese abaturutse imihanda yose bagenda baza bahunga, bose bahita baza mu Bisesero. Noneho si ukwica bakora hasi! Abaturage bamwe bafite ingufu nkeya abagore, abana, baratemwa…ndumva ku munsi wakurikiyeho harokotse umuntu ufite ingufu ubasha kwirukanka. Nakwo nti kwari ukwiruka, ni nk'Imana yagendaga irokora abantu kuko warirukankagaga uhunze abantu usanze abandi. Icyo umuntu yakoraga, ni cyo bavuga ngo n'ukwishakira inzira kugirango ugerageze urebe ko utafpira hano ugerageze urebe ko wafpira hariya hepfo nko muri metero ijana urenze hano. Ubwo ngubwo abasigaye uwo munsi ni nko gusaguka ntabwo ari ukuvuga ngo bararokotse. Intambara yarakomeje iza kugera mu kwezi kwa gatanu n'ukwa gatandatu, barwana gutyo ari ukwirirwa twiruka, ari ukuvuga ngo twebwe nitubona ab'inyuma batwegereye, turajya twirukanka dufate ab'imbere tubashakemo inzira duhunge. Tukirukanka tuva muri segiteri twarimo tujya mu yindi. Niko batwica, niko bagenda bafata abakobwa ku ngufu, niko mbese bagenda bica abantu urw'agashinyaguro. Ubwongubwo ariko bwakwira bakitahira.
Biza kugeraho kuko batahaga igihe mbese nko mu ma saa kumi, haza kuza uriya mugabo bitaga Niyitegeka Eliezer wari Minisitiri w' itangazamakuru aza mu Bisesero, ahageze akubitana n’interahamwe zitashye, ati bite byanyu ko mutashye kare bimeze bite? Baramubwiye bati turananiwe! Ati : “ntabwo uwiruka n'umwanzi cyangwa urwana n'umwanzi aruhuka iki gihe! Mwe mugomba kujya mutaha saa kumi n’ebyiri.” Ubwo ngubwo haba abahaye itegeko rimeze gutyo batangira kujya barwana bagataha saa kumi n’ebyiri. Ariko noneho, icyindi cyaje kwiyongeraho nuko icyo gihe nta kazu kabagaho…umumtu yaratahaga inzu bafashe bazitwitse mbere noneho zo zari zarashize, n'amatungo barayajyanye, nta kintu cyo kurya umuntu akigira muri ayo mezi y'ukwa gatandatu abantu ni ho bapfuye cyane kubera ko batagiraga icyo kurya, batagiraga igihe cyo kujya gushaka utwo barya ni nko kujya kutwiba kuko ntawavugaga ngo ara bikura mu murima we! Yahengeraga ijoro atashye akajya kwiba nk'umujura n'uwabaga abifite iwe yarahataye ntatinyuke kujyayo kuko atabona umwanya. Byaje kugeraho rero abasesero nabo biha ingamba zokuvuga bati turabona twe tugiye gushira reka duhunge. Tugerageza gufata inzira ijya Nyungwe, turagenda tugeze kuri Nyungwe, baraturasa, twagiye turi nk'ibihumbi bitatu baratugarura bamwe bajya Nyungwe, abandi baragaruka basubira mu Bisesero ku musozi wa Muyira .Uwo umusozi bawukambikaho, mbese ntabwo habaga ari nkaho kurwanira ahubwo habaga ari nkaho gutegereza gupfa, kugirango utegereze abantu baze bagukureho. Ariko ku bw'amahirwe, uko iminsi igenda hakagenda harokoka umuntu, hakagenda bica bakeya abandi bakarokoka.
Biza kugeraho rero n'abafaransa baraza, bamaze kuza, twari tuzi y'uko wenda baje kudukiza.bahageze havamo umugabo bita Nzabihimana Eric ubu ni Maire w' Itabire abonana nabo ari mu rwego rwo kwiyahura, ariko yari yihishe ku muhanda. Aragenda atega imodoka ariko kuko yabonaga hari haje imodoka z'amavatiri cyane aravuga ati ziriya modoka, uko byagenda kose ntabwo ari iz'interahamwe, niyo haba harimo interahamwe ntabwo ziri butuneshe! Kuko yabonaga mbese ari abantu badasanzwe (twari tumenyereye ko imodoka zizana interahamwe ari imodoka z'amadayihatsu, za Tata na za bus). Ubwo ngubwo agezeyo agerageza kubonana n'abazungu agerageza ku basobanurira ko intambara iri kubera mu bisesero, hari abaturage bava ahandi bakaza kubica, bitwaje intwaro za kizungu n'iza gihanga. Ubwo ngubwo abazungu baramubwira bati noneho ihangane, tuzagaruka vuba mugende mwihangane tuzaza kubarokora muri iyi minsi, ariko abo bazungu dusanga atari na cyo cyari kibazanye ahubwo byari mu rwego rwo kugira ngo barebe uko dusigaye tungana kuko bari kumwe n'umuntu w'interahamwe, baza kumuhisha kugirango Eric atamubona ariko aza kumubona imodoka igiye kugenda.
Manu: Bari bwoko ki?
Harerimana Marcel: Bari abafaransa
Manu Bari abasirikare gusa?
Harerimana Marcel Bari abasirikari ariko muri bo harimo abantu bashinzwe amakuru, itangazamakuru… ubwo ngubwo iyo interahamwe ijyana nabo, barataha, dusigara aho ngaho. Natwe, ntabwo twavuga ngo turi ahantu hamwe twese, twari eparpillé (dutatanye). Wasangaga umwe yihishe ahangaha undi hariya, ibyo bigatuma nabyo iyo bazaga kwica, baburaga ukuntu badushyira hamwe. Bakagereka igikundi kimwe bakakica, ikindi kigasigara. Ubwo ngubwo bwarakeye, interahamwe zahongaho ziraza, noneho ari igitero simusiga! Cya kindi gikuraho kikarangiza. Baraje, bica abantu, kuburyo bavuze ngo abantu bararangiye nta n'ubwo tuzagaruka kwica! Ariko uko bataha, bakagenda babona amuntu umwe umwe asohoka mu gihuru kuburyo bavuze bati abatutsi baracyahari tuzasubirayo. Nyuma y'iminsi itatu, abazungu barongera baragaruka batangira kubaza abaturage ngo ni he intambara ibera? Kandi icyo kibazo bari barakibajije na mbere; bahura na NDAYISABA, ni umunyeshuri yiga muri KIST, arababwira ati ‘intambara irabera hano’, bati ni bande babica? Ati ‘ni abaturage bavanze na basirikari n'interahamwe’… ubwo ngubwo abazungu barongera baradusiga, bajya mu kindi gice, mu yindi segiteri, ahantu interahamwe zajyaga zituruka. Bagezeyo interahamwe zirisobanura barababwira bati ‘ntabwo twebwe twicana ahubwo bariya bantu bari hakurya baza kudutera bakatwica’. Abafaransa ariko nabo barababwira baravuga bati ‘niko! Nonese niba babatera, kuki hano nta matongo ahari ariko nkaba mbona hariya hakurya ahari, biterwa n'iki? Barababwira ngo ‘icyo si ikibazo!’. Ariko n'ukubura busobanuro bundi batanga, abazungu nanone baza kutureka baza guhura na Nzabihiimana Eric arababwira ati noneho nimutadukura aha ngaha, ntabwo muva aha! Abazungu baza gufata initiative (ingamba) yo kuvuga ngo bagiye gushyira inkambi aho ngaho mu Bisesero begeranye abantu, ari abakomeretse. Babashe kubavura, babashe kubakiza.
Dock windowTable of Contents
Introduction
Life before genocide
Family
Education
Ethnic discrimination
Killings
Political parties
Genocide experience
The beginning of the killings
Shootings
Killings
Self-defense
Rescue
Dock windowView Topics
Harassment, Humiliation and Killings
Tutsi considered as enemies of the State
Ethnic discrimination
Extrajudicial execution
Racial epithets(inyezi ibyitso/cockroaches)
Sectarian political parties
M.D.R
Political Parties ethnics
The beginning of killings
Displacement of our hutu neighbors
Assault of police and local population
Shootings
Killings
Self-defense
Police and population attack
Shootings
Self-defense
Killings
Presidential Guard attack
Self-defense
Mass killings
Rape
Mutilation
French soldiers arrival
Leaving of French troops
Interahamwe militia attack
Mass Killings
2nd time French troops arrival
Refugees camp in Bisesero
Dock windowView People
HARERIMANA Marcel
BIRARA Aminadab
MUKANGAMIJE Estelle
MUKOMEZA Aron
Jean Paul MUNYANEZA
HABYARIMANA
RUKAZAMYAMBI
RWIGIMBA
NIYITEGEKA Eliezel
Dock windowView Places
Bisesero
Rusenyi
Kibuye
Gishyita
Itabire
Gisovu
Rwamatamu
Gitesi
Nyungwe
Muyira
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