Oral Testimony of MURENGEZI Wilberforce

  
  
  
  
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Id:kmc00040
Title:Oral Testimony of MURENGEZI Wilberforce
Sequence:1 of 1
Abstract:The oral testimony of MURENGEZI Wilberforce, a survivor of the Genocide Against the Tutsi, recorded by the Kigali Genocide Memorial in Kigali, Rwanda. The testimony discusses early memories of childhood and family, discrimination and persecution of Tutsis before Genocide, the worst atrocities during Genocide, suffering and witnessing human rights abuses, surviving the Genocide, and life after the Genocide. The testimony is given in Kinyarwanda with translations available in English and French.
Contributor: Aegis Trust (UK)
Publisher:Kigali Genocide Memorial
Interview Date:
Language:kin
Rights:Kigali Genocide Memorial
Subject Headings: Genocide--Rwanda--History--20th century
Genocide-Rwanda--Survivor
Testimony--Rwanda
Tutsi (African people)--Interviews
Tutsi (African people)--Crimes against--Rwanda
Rwanda--Ethnic Relations--History--20th Century
Rwanda--History--Civil War, 1994--Atrocities
Creator: MURENGEZI Wilberforce; Kigali Genocide Memorial
Format: mini-DV tape
Dock windowFrench Translation
Murengezi Wilberforce: Mon nom est Murengezi Wilberforce. J’ai 58 ans.
Steven: pourrais-tu me dire combien vous étiez dans votre famille avant le génocide ?
Murengezi Wilberforce: Moi, ma femme, ainsi que mes cinq enfants.
Steven: Et combien sont restés après le génocide ?
Murengezi Wilberforce: Trois d’entre nous sont restés après le génocide : mon fils John Murengezi et Céline Uwineza, la cadette.
Steven: Pourrais-tu me parler brièvement de ta femme? Quel genre de personne était-elle ?
Murengezi Wilberforce: J’ai rencontré ma femme il y a longtemps de cela, quand nous étions encore au secondaire. Nous étions fiancés pendant quatre ans après l’école secondaire, nous nous sommes mariés en 1971. Ce n’était pas une fille que j’ai juste rencontrée et que j’ai épousée mais nous étions ensemble longtemps avant le mariage. Même nos parents se connaissaient car ils étaient tous les deux pasteurs au sein de l’Eglise Episcopale au Rwanda. Nous avons passés 33 ans ensemble…pardon, ce n’est pas vrai, nous avons vécu ensemble jusqu’en 1994…nous avons donc été mariés pendant 23 ans. Durant ces 23 ans, nous avons eu deux fils et trois filles.
Steven: Parle-moi de ton deuxième enfant.
Murengezi Wilberforce: Mon deuxième fils s’appelait Jean-Claude. C’était un garçon grand de taille. Il était de nature calme. Il aimait beaucoup écouter les informations ce qui me faisait penser qu’il deviendrait journaliste ou politicien. Je ne dirais pas grand chose de lui parce qu’il ne parlait pas beaucoup, il aimait juste écouter les autres. Je ne crois pas pouvoir dire plus à son sujet…Juste avant que je parte, je lui ai dit de prendre la voiture et aider sa mère à faire ses courses…avant de partir, je l’ai appelé, la dernière chose que je lui ai dite est : « Conduis doucement, fais attention sur la route. » C’est tout ce que je puis dire.
Steven: Parle-moi de ton troisième enfant.
Murengezi Wilberforce: C’était une fille appelée Claudette. Elle faisait également sa dernière année au Lycée. Elle était très frêle mais très intelligente à l’école. Je trouvais qu’à l’avenir, comme tout parent, je voulais le meilleur pour elle et comme elle était forte en sciences, je pensais toujours qu’elle pourrait devenir docteur en médecine.
Steven: Et ton quatrième enfant?
Murengezi Wilberforce: Mon quatrième enfant s’appelait Ingabire Francine. Vous l’avez sur vos photos. Elle aimait beaucoup sa grande-sœur Claudette, et elle aimait la natation. Elle venait toujours causer avec nous après le travail, elle nous demandait de quoi nous avions besoin, les enfants n’ont pas souvent ce caractère ! Elle nous proposait un soda, de l’eau ou du thé. C’était une enfant qui s’occupait beaucoup de ses parents. Peut-être même plus que ses frères et sœurs.
Steven: Quel souvenir particulier as-tu d’elle ?
Murengezi Wilberforce: C’est difficile de dire ce qu’on se souvient des membres de sa famille, il y a tant de souvenirs. C’est toute une vie. Pouvoir élever ses enfants, les voir grandir sans manquer de rien, puis un jour tout disparaît, l’accepter n’est pas une chose facile ! Ça demande une certaine force pour reconnaître et admettre ce qui est arrivé. C’était très difficile d’y croire, la mort est une chose normale mais…quand votre famille entière disparaît tout d’un coup, c’est très difficile de comprendre. Des fois on se demande comment Dieu peut permettre que de telles choses arrivent mais... Il a probablement ses propres plans que nous ne pouvons pas comprendre en tant que simples mortels. Je me rappelle comment au matin de mon départ, j’avais l’impression que je n’allais probablement pas revenir de mon voyage c’est comme si c’est moi qui allais mourir... j’ai donc laissé une note à ma femme lui disant où j’avais caché l’argent.
Steven: Est-ce que tu crois toujours en Dieu après tout ce qui est arrivé ?
Murengezi Wilberforce: Oui je crois toujours en Dieu et je continue à le servir jusqu’à présent, je ne suis pas Pasteur comme mon père mais je fais ce que je peux. J’aime chanter et je dirige la chorale des enfants. Je le fais parce que je crois que Dieu m’a laissé pour une mission que je dois accomplir dans cette vie.
Steven: Peux-tu me dire comment ta femme et tes enfants ont été tués ?
Murengezi Wilberforce: Je n’étais pas présent ce temps là, comme je vous l’ai dit mais… ma fille Céline, Céline, qui a survécu m’a parlé de certaines choses, en plus il y a des voisins qui sont parvenus à se cacher et à fuir, ils m’ont également raconté ce qui s’est passé ! Nous vivions à Kicukiro…le premier jour, ils sont venus demander à ma famille : « Qui est Murengezi ? » Celui qui a répondu leur a dit que je n’étais pas là. Ils ont tiré sur ma femme au pied puis lui ont dit : « Arrange-toi pour le trouver quand nous allons revenir. » Mais ils ne sont pas revenus. Jusqu’au… Le 8 avril, ils sont allés se cacher dans un couvent de sœurs catholiques dans le voisinage. Le 10 avril, ils sont revenus et ont demandé à tout le monde de descendre pour que leurs cartes d’identité soient vérifiées. Ils les ont emmenés puis les ont mis à une barrière derrière une maison. Ensuite, ils triaient un par un là où se trouvait une fosse. Certains étaient tués par balle, d’autres à coups de marteaux, et d’autres encore étaient découpés en morceaux. An vrai dire, quelqu’un m’a dit que ma femme, puisqu’elle boitait, a été la dernière personne à être tuée, elle a été abattue par balle à côté de cette fosse puis ils les ont entassés dedans. Cette fosse, on l’a rétablie. A peu près cent personnes dans notre voisinage ont été tuées et nous les avons enterrés dans une fosse commune que nous avons construite. Il n’y avait pas que ma femme et mes enfants chez moi, il y avait des gens qui travaillaient pour nous…il y avait une dame, une amie à nous qui avait travaillé pour nous par le passé mais pour qui nous avions trouvé un emploi ailleurs….quand ils [les Interahamwe] ont vérifié sa carte d’identité et vu qu’elle était Hutu, ils lui ont dit : « Va-t-en ! On ne recherche pas des gens comme toi. » Elle était entrain d’aider ma femme puisque cette dernière était blessée puis elle a dit : « Je ne quitterai pas ses côtés, si vous voulez la tuer, il va falloir me tuer avec elle également. » Elle a refusé de partir, ils l’ont tuée…juste à côté de ma femme. Claude, puisqu’il était grand de taille, d’après ce que m’a dit sa sœur, a été frappé d’un coup de houe [une petite houe] à la tête, il s’est directement écroulé puis ils l’ont traîné pour aller le jeter dans la fosse. D’habitude, après avoir fendu la tête d’une personne à coup de houe, ils l’achevaient d’un coup de feu pour qu’il cesse de crier.
Murengezi Wilberforce: Quelques uns des survivants m’ont parlé d’un militaire dont je ne connais pas le nom, qui est venu et qui leur a dit de s’assurer qu’ils ne fassent pas trop de bruits. “Faites-le aussi vite que possible; après les avoir frappés à coup de gourdin, tirez sur eux d’une balle pour en finir. On ne veut voir aucun cadavre sur la route, les satellites suivent nos mouvements. » C’est mon voisin qui me l’a dit. Il est parvenu à se cacher mais sa femme a été tuée. A vrai dire, je n’ai rien vu de tout ça mais ma fille Uwineza Céline m’en a parlé. Je ne sais pas si c’est Dieu qui a envoyé quelqu’un mais un militaire est venu leur dire : « Les enfants, remontez au couvent ! » Autre chose est que sa mère lui avait dit : « Prend ces clés et donne-les à ton père quand tu le vois. » Mais elle ne me les a jamais données puisqu’en courant…en plus cette voiture, ils ne l’ont pas…
Steven: Qu’est-ce qui est arrivé à Francine?
Murengezi Wilberforce: A Francine? Je ne sais rien à propos de ce qui lui est arrivé. Sa petite sœur ne parle pas beaucoup, elle a assisté à beaucoup de choses mais elle dit peu. Elle m’a juste dit que Francine a été découpée à la machette. Je n’aime pas lui poser beaucoup de questions parce que quand j’aborde la conversation, je trouve qu’elle n’aime pas en parler. Elle est toujours calme. Parfois quand je lui pose des questions, elle répond mais elle n’arrive pas à suivre une longue conversation sur ce sujet.
Steven: Le fait d’être un parent qui a perdu sa femme et ses enfants dans une telle situation a t-il un sens pour toi?
Murengezi Wilberforce: Au début, on a l’impression que c’est un cauchemar mais au fur et à mesure que le temps passe, on réalise que c’est vraiment arrivé car on ne les revoit plus. Quelques fois, je ne sais pas s’il arrive aux autres de voir la même chose que moi, mais je parle à l’un d’eux. La nuit, il m’arrive d’avoir une discussion avec l’un eux ! C’est un grand problème parce que cela ne s’efface jamais de la mémoire. Moi, j’ai eu la chance de me remarier et d’avoir deux autres enfants, ils sont encore petits. Mais cela ne quitte jamais tes pensées, tu t’en souviens toujours surtout dans des moments pareils ; dans ta nature, il y a une certaine force qui diminue…tu ne vis plus de la même façon qu’avant parce que la famille que tu avais avant, ta famille avec laquelle tu as passé 25 ans, je ne parlerais pas de ma femme parce que nous nous connaissions depuis l’école secondaire, tu vois c’est des souvenirs d’enfance qui reviennent. Des souvenirs des sentiments qui ont grandi progressivement jusqu’à une union, jusqu’à avoir des enfants…puis ils disparaissent tous ! A la fin tu…il arrive même qu’on se demande pourquoi on est resté en vie !
Murengezi Wilberforce: Mais après, Dieu te vient en aide et te donne une autre épouse avec qui partager ta vie. Cela aide à l’éducation des enfants parce que vous savez les hommes seuls avec les enfants ce n’est toujours pas facile. Mais quand on a la chance d’avoir une bonne épouse, elle t’aide à les éduquer. Aujourd’hui John Murengezi, mon fils aîné, est marié, Céline est étudiante à l’université mais ils n’étaient que des petits enfants. En plus mettre au monde deux autres beaux enfants et avoir une autre épouse est une chose dont je remercie Dieu.
Steven: Peux-tu pardonner à ceux qui ont fait ces choses ?
Murengezi Wilberforce: C’est une question très difficile parce que pour pardonner, il faut d’abord savoir à qui tu as affaire parce que tu ne peux pas le faire si personne ne vient te demander pardon ou lorsque tu ne sais même pas qui tu vas pardonner et dire au moins : « Celui là était devenu fou, je laisse tomber ! » Le mot pardon est un mot difficile, mais si quelqu’un venait à moi en disant : « je t’ai offensé, j’ai tué ta femme, j’ai tué tes enfants », je lui pardonnerais parce que si je le tue, je serais un criminel aussi. Je lui pardonnerais mais la question est : qui pardonner ? Qui est-ce ? Tous les Hutu n’on pas tué, tu ne peux donc pas dire que tu pardonnes tous les Hutu. Tu dois savoir qui l’a fait et pouvoir dire que telle ou telle personne a fait ceci mais je lui pardonne. En plus en tant que chrétien, il est dit ‘pardonnez à ceux qui vous ont offensé’ mais il faut savoir qui tu dois pardonner. Si cette personne venait me demander pardon, je lui pardonnerais sans problème mais la question reste de savoir qui est-ce? Je pense que c’est quelque chose qui nous manque ici au Rwanda. Que quelqu’un t’approche et dise : « Je t’ai heurté, j’ai tué tes proches, je suis venu te demander pardon. » Si c’était le cas, les gens seraient prêt à pardonner mais quand les gens nient leurs actes...on se demande si les gens se sont suicidés ou s’ils sont morts sans cause. Mes voisins, je vais vous donner l’exemple d’un voisin qui s’appelle Simbizi. Il n’y avait qu’une maison entre la sienne et la mienne, nous avions été voisins pendant longtemps mais quand on l’a emmené une fois lui demander : « Connais-tu ce monsieur ? » Il a répondu : « Je ne le connais pas. » Des situations pareilles, les gens vont jusqu’à nier en connaître d’autres…quelqu’un avec qui nous avons tant partagé, nos enfants partageaient le repas, un type comme ça dire qu’il ne me connaît pas c’est…. Ça montre à quel point le pardon sera difficile aussi longtemps que les Rwandais ne diront pas la vérité sur ce qu’ils ont fait. En principe, ce serait l’idéal.
Steven: Est-ce que la Justice est possible ou alors tu trouves que c’est une chose impossible? Penses-tu que justice a été faite pour les crimes commis envers tes enfants?
Murengezi Wilberforce: Jusqu’à présent, non! Justice n’a pas été faite jusqu’à présent. Pas encore à mon avis et je crois que même les autres ressentent la même chose. Quelle justice peut être faite à quelqu’un qui a gommé ta famille, tes enfants ? Laquelle est-ce? Détenir quelqu’un en prison pour cinq, six ou dix ans puis le libérer, qu’est-ce que ça veut dire ? Quel est ce genre de punition est-ce? Justice sera faite selon les lois en vigueur, mais nombreux [parmi les génocidaires] ne seront jamais connus et c’est là le grand problème, car aujourd’hui nombreux sont ceux qui habitent des endroits différents de là où ils ont commis leurs crimes. Maintenant ils vivent là où les gens ne les connaissent pas. Ou alors ils sont connus mais personne n’ose les dénoncer de peur qu’ils ne se vengent par après. C’est un très grand problème ici au Rwanda ! C’est très difficile à moins qu’ils ne présentent des excuses, confessent et reconnaissent leurs crimes.
Steven: Qu’as-tu ressenti lorsqu’à ton retour ta famille avait été tuée?
Murengezi Wilberforce: J’ai souffert d'une maladie bizarre que je n’avais jamais connue auparavant.. Je me grattais incessamment sur tout le corps. Je suis allé me faire soigner mais je n’ai reçu aucun médicament. J’ai consulté un psychologue qui m’a dit : « Quand tu ressens l’envie de pleurer, n’hésite pas à pleurer. Mets-toi à l’écart et pleure autant que tu peux ! » J’étais tout seul à Nairobi au Kenya. Le jour je me promenais, allais voir des réfugiés, je passais mon temps à discuter avec eux. Mais la nuit, tous les souvenirs me revenaient à l’esprit, j’avais l’impression de me perdre, je ne savais plus où j’étais. A part ma famille proche, j’ai perdu beaucoup d’autres membres de la famille. Mon grand-frère qui était aussi mon voisin, sa femme, mon père et quelques enfants qui vivaient avec eux, vous savez comment est la famille africaine…ils ont également été tués. Il y a aussi mon beau-frère, sa femme et leurs six enfants qui sont morts…John était le seul que je savais encore en vie parce qu’il étudiait à l’étranger, on se parlait souvent au téléphone. Je pensais même que Céline était morte.
Murengezi Wilberforce: J’avais l’impression que je n’avais plus personne, ni de mon côté, ni de celui de ma femme. Nous avons été chanceux d’apprendre plus tard que deux des membres de notre famille qui s’étaient réfugiés à l’Hôtel des Mille Collines avaient survécu. Deux des sœurs de ma femme ont également survécu. Donc après la guerre, apprendre que certaines personnes étaient encore en vie était vraiment encourageant et nous a motivés à vouloir continuer à vivre et à donner le mieux de nous-mêmes. Surtout parce que quelqu’un devait prendre soin des enfants qui avaient survécu pour qu’ils puissent étudier et puisse parvenir à quelque chose.
Steven: Comment aimerais-tu que l’on se souvienne d’eux?
Murengezi Wilberforce: Surtout le jour de commémoration, le 7 avril est un jour où l’on se souvient encore plus. On se souvient constamment d’eux certes mais, ce jour-là constitue une occasion pour tous les Rwandais de se souvenir des leurs et de chercher ensemble le moyen de faire en sorte que ce qui est arrivé, le Génocide, ne se répète plus jamais au Rwanda. Que ça ne se reproduise en aucun cas car c’est vraiment terrible! J’aime aussi regarder leurs photos. Ma sœur qui vivait à Kinshasa [en RDC] avait beaucoup de leurs photos, c’est elle qui m’a donné même les photos que je vous ai montrées puisque la maison et tout ce qui se trouvait dedans avaient brûlés. Souvent, je passe mon temps à regarder leurs photos en me demandant comment mes enfants seraient aujourd’hui, comment leur mère serait… C’est des choses dont je me souviens constamment. Personne ne peut t’empêcher de penser aux êtres chers que tu as perdus, des gens qui ont fait partie de ta vie. Il y a des gens qui veulent que nous arrêtions d’en parler ou de nous souvenir mais nous ne pouvons pas les oublier ! Nous nous souviendrons toujours d’eux et nous devons même le dire à nos enfants pour qu’ils soient prudents. Peut-être que notre plus grande erreur est que nous n’avons jamais vraiment cru que cela pouvait arriver mais maintenant que nous sommes conscients que les gens peuvent forger des idéologies pour en décimer d’autres…C’est quelque chose contre quoi nous devons lutter dans notre façon de penser et ceci peut être fait à travers l’éducation, en luttant contre cela de toute notre force.
Steven: Que doit faire le Rwanda pour éviter que la même chose ne se reproduise dans le futur ?
Murengezi Wilberforce: C’est exactement de cela que je parlais tout à l’heure. Premièrement, il faut éduquer les gens, leur montrer le mal qu’il y a dans le crime parce que faire le mal a toujours des mauvaises conséquences sur n’importe qui. Je suis convaincu que même ceux qui l’ont fait ont également souffert en fuyant leurs maisons, parcourant des kilomètres et des kilomètres en laissant leurs familles à la maison, en mourrant de faim ou de maladies... je me dis que cela ne serait jamais arriver s’ils n’avaient pas fait ce qu’ils avaient fait. Pour que le Rwanda évite de retomber dans le même piège, la première chose à faire est d’éduquer les gens. Je suis content du travail qu’accomplit Gouvernement actuel, du fait d’emmener les gens dans des camps de solidarité en vue de leur apprendre que les conséquences n’épargnent personne. L’éducation est très importante et je me dis que ça prendra le temps que ça prendra ; la division a été enseignée depuis 1959…ça a pris trente ans et chaque génération avait été instruite à ce propos. Je ne sais pas alors si ça prendra le même laps de temps pour apprendre aux générations suivantes que le Hutu ne doit pas haïr le Tutsi et vice-versa, ça prendra longtemps mais il est important de savoir que ça a pris plusieurs années pour que le Rwanda en arrive au Génocide. C’est quelque chose qu’on nous enseignait à l’école. J’étais autrefois enseignant et c’est quelque chose qui faisait partie du programme scolaire. Et je devais le dire même si je n’étais pas d’accord avec. Je suis vraiment convaincu que si l’enseignement est bien fait, le résultat sera très bon dans les générations à venir. Même les gens s’en souviennent toujours mais nous saurons au moins qu’il s’agissait d’une mauvaise politique et d’un mauvais programme d’enseignement. Ça finira avec le temps mais c’est toujours difficile pour les gens de ma génération d’oublier, ils acceptent mais l’être humais garde toujours des traces.
Murengezi Wilberforce: Mais je suis convaincu que la jeunesse d’aujourd’hui reçoit un bon programme éducationnel. Tout ceci a été dû à une mauvaise éducation, c’est donc à elle et elle seule de mettre fin à cette situation.
Steven: En fin de compte, comment perçois-tu l’avenir du pays ? Qui est Wilberforce aujourd’hui ? As-tu l’espoir d’un lendemain meilleur ou…
Murengezi Wilberforce: Je crois vous avoir dit que je suis serviteur de Dieu avant. Je crois que les choses iront bien. Je crois en un avenir meilleur pour notre pays mais pour qu’il soit bon, il faudra que nous travaillons pour ça ! Nous ne parviendrons jamais à cela si nous ne travaillons pas. Ce n’est pas seulement la responsabilité de Murengezi ou la responsabilité du Gouvernement, tous les Rwandais doivent comprendre que si nous voulons bâtir un avenir meilleur et éviter ce que nous avons traversé dans le passé, nous devrons travailler pour ça ! Ça ne va pas tomber du ciel ! C’est tout ce que je puis dire.
Dock windowEnglish Translation
Murengezi Wilberforce: My name is Murengezi Wilberforce. I am 58 years old.
Steven: perhaps you could just tell me, how many people were in your family before the genocide?
Murengezi Wilberforce: There was my wife, I and our five children.
Steven: And how many of your family are left after the genocide?
Murengezi Wilberforce: After the genocide, we remained three of us; my son John Murengezi and the one who was our last-born Céline Uwineza.
Steven: Can you tell me a little bit about your wife? What was she like?
Murengezi Wilberforce: I met my wife a long time ago when we were still in secondary school; we went to the same school. We fell in love then. After high school, we were engaged for four other years before we got married. Then in 1971, we got married. Therefore, she was not a girl I just met and married but we were together for a long time before marriage. Even our parents knew each other because they were both pastors in the Episcopal Church in Rwanda. So we spent thirty-three years together. Sorry that wasn’t true; by 1994, we had been married for twenty-three years. We had two sons and three daughters together in those twenty-three years.
Steven: Tell me about your second child.
Murengezi Wilberforce: My second born was called Jean-Claude. He was a very tall guy. He was in his 6th year of secondary school, almost finishing high school. He was a very quiet guy. He liked listening to the radio news, which used to make me predict that maybe in the future he would become a journalist or a politician. There’s nothing much I can say about him because he was not very talkative. But he loved to listen to others talking. There’s nothing more I can say. When I was leaving, I called him and told him to be the one to drive the car when they go to a place where they were planning to go with his mother. The last thing I told him was not to drive too fast and to be careful on the road. That’s all I can say.
Steven: Tell me about your third child.
Murengezi Wilberforce: She was a girl called Kayitesi Claudette. She was also in her last year of secondary school. She was not very healthy but she was very bright in school. I thought she would have a very good future. As any parent I wanted the best for her and since she was very good in science, I thought she was going to be a medical doctor.
Steven: What about the fourth born?
Murengezi Wilberforce: My fourth child was Francine Ingabire. You have her on your photos. She loved her sister Claudette very much; she loved to swim. She was always there to talk to us after work, she would chat with us and ask her what we needed. Not many children do that but she would come and ask us if we wanted a drink or some water or tea. She was a child who cared a lot about her parents. Perhaps more than her older brothers and sisters did.
Steven: What is your special memory of her?
Murengezi Wilberforce: It is hard for one to say what he or she remembers about their family members because there are so many things to remember; it is one’s entire life. It is difficult to accept that you bring up your children and see them growing, not lacking anything and one day it all goes. It takes some strength to even acknowledge it and accept that it is actually possible. It was something very difficult to believe. Death is normal but it’s a big issue when your family just disappear all at once. It is difficult to even understand it. Sometimes it makes you wonder how God can allow such things to happen but He probably has His own plans that we cannot fully understand as human beings. I remember how on the morning before I left, I thought that maybe I was not going to come back since I was going on a journey. So I left a note for my wife telling her where the money was hidden.
Steven: Can you still believe in God after all that?
Murengezi Wilberforce: Yes I do believe in God and I still work for Him until this day. I am not a Pastor like my father but I do what I can. I love to sing and I lead some children in a choir. I do it because I guess there is a mission that God left me to complete in my remaining lifetime.
Steven: Can you tell me how your wife and your children died?
Murengezi Wilberforce: I wasn’t there like I told you before. But Céline my daughter who survived told me some of the things. Also some neighbours who escaped death by hiding and fleeing told me about it. We were living in Kicukiro. On the first day they came to ask my family, “Who is Murengezi?” They told them I was not there. They shot my wife on the feet and said, “We shall come back. Find him!” They did not come back until the 8th when my family went to hide in a convent which was in the neighbourhood. On the 10th, they came and told them that everybody should go down, as they wanted to check their identity cards. They stood next to a roadblock and took them to a hole nearby, one by one. Some were shot dead, others were killed with a hammer, and some others were hacked. In fact, someone told me that my wife was last taken as she was limping and they shot her inside the hole where the others were. The hole is still there; we have constructed it. About a hundred people in our neighbourhood died and we buried them all together in the same grave, which we built up. There were other people in my house apart from my wife and my children. The people who were working for us were also there. There was a lady, a friend of ours who used to work for us. She had stopped working for us as we got for her another job, she happened to be at home on that day. They checked her ID and found out she was a Hutu and they told her to leave. She was helping out my wife who was wounded and she told them she wasn’t going to leave and they could kill her if they wanted. So they murdered her right there next to my wife. Because he was tall, Claude, according to what his sister told me, was beaten with a club on his head and they threw him inside the hole. After hitting you with a hammer or with something else, then they would shoot you in order to stop people from making noise.
Murengezi Wilberforce: Some of the survivors told me about a soldier, I don’t know his name, who came and told the Interahamwe to make sure they [victims] do not make too much noise.“ Do it as fast as possible, don’t give them time to beg you to stop; after beating them with a club just shoot them. We do not want people’s bodies on the street as satellites are watching us.” I was told this by my neighbour who managed to hide, his wife was also killed. The truth is that I did not see any of this; it is my young daughter Céline who told me about it. I don’t know if it is God who sent somebody but a soldier came and said that all the young children should go back to the nuns’ home. Céline was only nine years old then and so she went back to the nuns’ home because that man told them to do so. The other thing that happened is that her mother gave her the car keys and told her to give them to her dad [me] in case she would be lucky to see him again. But she never gave them to me because they were running and even the car was…
Steven: What happened to Francine?
Murengezi Wilberforce: About Francine… I don’t know anything about what happened to her. Her younger sister does not say anything about her although she saw many things happen. But she just told me that they hacked her with a machete. I don’t like to ask her too many questions, because I know she does not like to talk about it. Sometimes when I ask her something she answers, but she is unable to have a long conversation about it.
Steven: What does it mean to be a parent who has lost his wife and his children?
Murengezi Wilberforce: At first, it felt like it was a nightmare but as time goes you get to realize that it has actually happened because you do not get to see them anymore! Sometimes I talk to them at night as if they were still around! It is a big problem because it can never disappear completely. God blessed me with another wife and two more children. You can never completely forget, especially at this time of the year you think about them and remember them. You can never be the same person again, your character and your whole being change. You can never forget; it is impossible! After living the family you lived with for twenty-five years, I have told you that I met my wife in my childhood and we grew up together, we got married and we got kids and suddenly it was all gone. Sometimes you wonder why you survived!
Murengezi Wilberforce: But later on, God helps you and finds you another wife to help you through everything. She even helps me to bring up the children who remained, as it is difficult to bring up children on your own as a man. But when you are lucky to have a good wife, she helps you out to bring them up and they grow up. They are now grown ups, my first-born John is now married with kids and today I am a grandfather. Céline is now at the university. They were both young children and I even got two more beautiful children. I thank God for those children and for the other wife He gave me so she can be my new companion in the remaining lifetime.
Steven: Can you forgive the people that did this?
Murengezi Wilberforce: It is a very tough question. Because, for one to be able to forgive, you first of all need to know whom you’re forgiving, you cannot forgive if no one asks you to forgive him or her or when you don’t know who it is you’re forgiving. Or maybe when nobody has come to ask for forgiveness so that you can at least acknowledge that they were going through some sort of madness. The word “forgiveness” is a tough one. But I believe if someone would come to me and say, “I betrayed you, I murdered your wife, I murdered your kids”, I would forgive them. I’d also become a murderer if I killed them. I would truly forgive them but the question is who to forgive. Who is it? Not all Hutus killed. Therefore you cannot say that you’re forgiving the Hutus. You need to know who did it and then be able to say that, so and so did this to me but I forgive him or her. As a Christian I know it is written, “forgive others as I forgive you.” Therefore, as a believer I truly believe it is possible to forgive but you ought to know whom you are forgiving. So if they came before me and asked me to forgive them, I could do it. That’s the way I can put it. But the condition is that they would say it. You cannot forgive in general. Who is it you’re forgiving? I think that is what we lack here in Rwanda, that someone would come and acknowledge that they betrayed you, that they killed your people. If it were the case, people would forgive. Very few people acknowledge what they did and you wonder if these people killed themselves, if they just happened to die. It is so obvious when you compare the number of the victims to the number of those who acknowledge being the perpetrators of the genocide. The same people who were our neighbours. I’ll give you the example of one of my neighbours called Simbizi, there was one house between his and mine. We had known each other for a long time. When they arrested him they asked me to come and identify him. When I got there they asked him if he knew me, he said no! You see how difficult it is! Someone we used to live with and spend a lot of time with, his child used to come home and share meals with mine and he said he doesn’t know me and yet we were neighbours! Despite the fact that we were neighbours, he said he didn’t know me. That shows how much forgiveness will be difficult as long as Rwandans will not tell the truth about what they did. Otherwise, forgiveness is for sure the ideal thing to do.
Steven: So is justice possible or not? Do you feel justice has been done for your children?
Murengezi Wilberforce: So far, no! No justice has been done! In my opinion, not yet and I believe even others feel the same way. Because what justice can be done to somebody who wiped out your children, all your family? What do you gain when they are imprisoned for five, or six or ten years? What punishment is that? Justice will be done according to the laws of the country, but many will never be known and that is a very big issue because many have fled from where their former residence. They now live in places where they are not known. Or maybe they are known but nobody has the courage to report them for fear that they might take revenge afterwards. It is a very big issue in Rwanda. It will be very difficult unless they ask for forgiveness and confess their sin and acknowledge them.
Steven: How does it make you feel personally that you weren’t there when your family died?
Murengezi Wilberforce: I got sick, with a weird sickness I had never heard of before. My whole body was itching and I was scratching myself all over. I went to see a Doctor and they couldn’t give me any medication. The Psychologist told me that it’s ok to cry when I feel like it and that I could do it as much as I wanted maybe when I am alone. I was in Nairobi, Kenya then, all by myself. During the day I used to walk around and spend time with others who were in the same situation. But almost every night, I would remember everything and I would feel like I did not know where I was. In reality, apart from my close family, I lost many other relatives. My big brother who was also my neighbour, his wife and my father, some children who were living with them, you know the way the African family is, were also all killed. There was my brother-in-law and his wife and their six children who had also died. My father-in-law and my mother-in-law also died. It felt like you were left completely on your own. John is the only one I knew who was still alive because he was studying abroad and we used to talk on phone. At that time I didn’t know that Céline survived, I thought she also died.
Murengezi Wilberforce: So I felt like there was no one left, either on my side, or on my wife’s side. We were lucky to later on find out that two of our relatives survived as they took refuge at Mille Collines Hotel. Also two of my wife’s sisters survived. So after the war, being able to find out that some people were still alive was very encouraging and motivated us to want to continue to live and give your best. Especially because somebody needed to look after the children who survived so that they could study and live a good life and achieve something.
Steven: How would you like them to be remembered?
Murengezi Wilberforce: Especially on the days that were made for remembrance, on the 7th, the day of commemoration is a day one gets to remember them a lot. Even though we remember them anyway, that day is a day you share with other Rwandans in doing so and it helps us to think together and look for a way for this never to happen again in Rwanda. And that it should not happen to anybody else worldwide because it is terrible! I also enjoy looking at their photos. My sister who was living in Kinshasa, Congo DRC had many of their photos. She is the one who gave me even the photos I showed you since the house and everything in it was burnt up. So I sometimes sit down and look at them and I remember! I think about them and wonder how the children would be today, how their mother would be… It is something I remember very much. Nobody can stop you from remembering your people who were so much part of your life. Even though some people do not want us to remember or to talk about it, we cannot forget them. We will always remember and even our children need to be told about it. Perhaps our biggest mistake was that we never believed it could actually happen. But now we know it is possible, we are aware that people can betray others and wipe up entire families. It is something we need to fight against in our thinking and this can be done through teaching and also in fighting against it with all our strength.
Steven: What does Rwanda need to do to avoid the same thing in the future?
Murengezi Wilberforce: That’s what I was just talking about. The first thing is through educating people, to explain to people the badness that lies in doing wrong. Doing the wrong thing always has consequences on anyone. I believe the people who did it also suffered while they were fleeing their homes, walking kilometres with their families, dying of hunger and of sickness. It would never have happened if they did not do what they did. For Rwanda to avoid falling into the same problem again, the first thing is to teach people. I am happy about the work of today’s government, taking people in training camps and showing them all the consequences. Education is very important and I guess it will take a long time just like division was first taught in Rwanda in 1959. And for thirty years each generation was taught hatred. It will take the same amount of time for the next generations to be taught that Hutu do not have to hate the Tutsi or vise-versa. It will take long but the important thing to know is that for Rwandans to get to the point of committing genocide, it took very many years. It is something we were taught in school. I was once a teacher and it is something that was given in the school programme. And I myself had to say it even though I did not believe in it. There was a lot of propaganda. I believe Rwanda needs to do a lot of teaching as it has already started it. I do believe that if the teaching is well done, and if the example and the focus are good, the result will be very good in the next generations. Maybe people will still remember but we will always know how the policy and the teaching were wrong. It will end slowly. Perhaps it would be very hard for the people of my generation to forget… well one could pretend that he or she could, but there would still be something.
Murengezi Wilberforce:But I believe that the younger generation and the youth, if they keep on teaching…. Educational method is the primary idea. After all, it was through education that everything came up. Therefore, education is what will take it away. Nothing else can!
Steven: Finally what is your… How do you feel about the future? Wilberforce, who are you today and how do you view the future? Are you optimistic? Are you faithful? How do you feel?
Murengezi Wilberforce: Ha Ha…! [He laughs] in the beginning I told you that I am a man of God. I have faith that things will be good. I trust in a better future for our country. The future of our country will be good; but for it to be good, we will need to work towards it. If we do not work for it, it won’t happen; but if we do, our future will be good. It is not only Murengezi’s responsibility or the government’s responsibility. All Rwandans need to understand that if we want to build a better future and to avoid what we went through in the past, we will have to work on it. Things will never happen miraculously. That’s all I can tell you.
Dock windowUbuhamya Bwanditse
Murengezi Wilberforce: Izina ryanjye ni Murengezi Wilbeforce, nkaba mfite imyaka mirogo itanu n’umunani.
Steven: umuryango wawe wari ugizwe n’abantu bangahe, mbere ya Jenoside?
Murengezi Wilberforce: Nari mfite…jyewe n’umugore wanjye n’abana batanu.
Steven: None se hasigaye bangahe bakiriho nyuma ya Jenoside?
Murengezi Wilberforce: Hanyuma ya Jenoside twasigaye turi batatu. Hasigaye umuhungu wanjye w’imfura John Murengezi, na… n’umwana wari bucura, Céline Uwineza.
Steven: LWatubwira ku mugore wawe? Yabagaho ate …yari ateye ate?
Murengezi Wilberforce: Eh, umugore wanjye twamenyanye kera, turi abanyeshuri muri école sécondaire [amashuri yisumbuye]. Twariganye, niho twatangiriye kuzura. Kandi tumaze kwiga école sécondaire twamaze imyaka ine tutararongorana turi aba fiancés, hanyuma muri 1971 turarongorana. Ntabwo rero yari umukobwa twapfuye guhora gusa, ariko n’ umuntu twabanye igihe kirekire tutararongorana, kandi n’ababyeyi bacu bari baraziranye, kuko bose bari abapasitori muri église épiscopale mu Rwanda. Twabanye… urumva twamaranye imyaka mirongo itatu n’itatu…eh… hari ibyo mbeshye gatoya kuko twamaranye imyaka…kugeza muri 1994, ubwo twari tumaranye imyaka makumyabiri n’itatu turongoranye. Muri iyo myaka makumyabiri n’itatu, niyo twabyayemo abahungu babiri n’abakobwa batatu.
Steven: Mbwira noneho ku mwana wawe wa kabiri [cyangwa ku buheta bwawe].
Murengezi Wilberforce: Eh, umwana wanjye wa kabiri yitwaga Jean Claude. Yari umuhungu muremure cyane, wari ugeze muri 6 ème sécondaire [muwa gatandatu w’amashuri yisumbuye], agiye kurangiza humanité, kandi yari umuhungu ukunda guceceka cyane, ariko yakundaga kumva amakuru ya radio. Nabonaga ari umuntu uzaba umunyamakuru, cyangwa umupoliticien [umunyapolitike] niko nibaza. Nta kindi gikomeye namuvugaho ubungubu kuko ntiyakundaga kuvuga cyane, ahubwo yakundaga kumva ibyo abantu bavuga. Ngirango nta…ntacyo narenzaho kuvuga kuko… njya kugenda, nasize mubwiye ko agomba gufasha nyina, gutwara imokoka kujya ahantu bari bagiye kujya. Kandi naramuhamagaye ndambwira nti…: niryo jambo rya nyuma namubwiye nti : jya ujyenda buhoro mu muhanda kandi witonde. Ngirango nta kindi narenzaho ki…
Steven: Mbwira nanone ku mwana wawe wa gatatu [ubuheture].
Murengezi Wilberforce: Eh, yari umwana w’umukobwa witwaga Kayitesi clodette. Nawe yari ageze mu mwaka wanyuma wa sécondaire. Yari umukobwa ufite amagara mato, ariko w’umunyabwenge cyane mu ishuri. Kandi yari umwana na…nabonaga imbere… uko umubyeyi aba yifuriza umwana, numvaga mbona ko…kubera ko yari azi ibintu bya science cyane nabonaga ko ashobora kuzaba umuganga [docteur en médicine].
Steven: Naho umwana wa kane ?
Murengezi Wilberforce: …Umwana wa kane, ni Francine Ingabire, mufite kuri ariya mafoto yanyu, yari umwana ukunda mukuru cyane, Clodette. Kandi yari umwana ukunda koga, kujya koga [natation]. Yari umwana ukunda kuza tuvuye ku kazi, akaza kutuganiriza, kutubaza icyo dushaka, akenshi abana benshi ntibakunda kubigira. Ariko we abaza: “nguhe fanta…nguhe amazi… nguhe icyayi…” wabonaga ko ari umwana witaye no ku babyeyi cyane, ahari kurenza bakuru be.
Steven: Ni ikihe kintu cy’umwihariko wibuka kuri we?
Murengezi Wilberforce: Birakomeye kuvuga icyo umuntu yibuka ku bantu be, kuko ni byinshi cyane . Ni ubuzima bwe bwose, kubona abana ubarera bagakura bakiga, nta kintu babuze, hanyuma mu munota umwe byose bikaba birarangiye. Ni ibintu biruhije kubyemera. Bishaka ndetse ko ugira…imbaraga zo kwemera ibyo bintu, no kumva ko bishoboka . Mbere umuntu ntiyabyumvaga, urupfu rusanzweho. Ariko kugirango mu…mu mwanya umwe mu kanya gato umuryango wawe wose uzime, Ni ikibazo gikomeye cyane cyo gusobanukirwa, ndetse no kucyumva. Rimwe na rimwe bituma umuntu yibaza ukuntu Imana yemera icyo kintu ko kiba, ariko ifite…ifite imigambi yayo tu…abantu wenda tudasobanukirwa. Ndibuka ku mugoroba…mu gitondo ngiye kugenda, hari ahantu nari mfite amafaranga kandi umugore wanjye ntiyari ahazi, ariko jye numvaga ko mfashe urugendo ko ari jyewe ugiye gupfa ahari. Ni uko namwandikiye agapapuro mubwira aho amafaranga ari.
Steven: Waba ukizera Imana, nyuma y’ibyo byose?
Murengezi Wilberforce: Yego. Nizera Imana kandi ndacyayikorera kugeza n’ubu, sindi pasteur nka data, ariko ibyo nshoboye gukora…ubundi nkunda kuririmba. Ndabikora mfite abana nyobora mu makwaya [choir cyangwa chorale]kuko numva ko, n’aho ibyo byabaye, ariko Imana ifite icyo yansigarije kugirango nyikorere mu buzima bwanjye bwari busigaye.
Steven: Ushobora lkumbwira uburyo umugore n’abana bawe bapfuye ?
Murengezi Wilberforce: Uko bapfuye… nk’uko nababwiye sinari mpari, ariko uwo mukobwa wanjye wasigaye, Céline. Hari ibyo yambwiye, kandi hari abaturanyi bashoboye kwihisha, bashoboye gutoroka ntibapfa. Nabo barambwiye. Ubundi twari dutuye ku kicukiro, kandi umunsi wa mbere baje kumubaza, itariki zirindwi baje kumubaza, babaza mu muryango wanjye, bati: “Murengezi ni uwuhe?” Undi nawe ababwira ko ntahari. Hanyuma umugore wanjye bamurashe ku kirenge bamubwira bati: “turagaruka dusange wamubonye.” Ariko ntabwo bagarutse. Kugeza ku itariki umunani, bahungira mu babikira, bari hafi bose, ku itariki ya cumi, baraza bababwira ngo mumanuke mwese. Tugiye gukontorora…tugiye kureba identité zanyu, kandi babashyira kuri bariyeri yari hepfo y’urugo. Batangira kugenda bajyana umwe umwe, umwe, ahantu hari icyobo hepfo y’umuhanda. Bamwe baka… bakabarasa abandi bakabakubita inyundo abandi bakabatema. Ariko mu kuvuga ukuri, umuntu umwe yambwiye kuko kuko umugore wanjye yacumbagiraga bamujyanye hanyuma, bamurasira aho abandi bari bari muri uwo mwobo, barunda aho, muri uwo mwobo. Uwo mwobo n’ubu twarawubakiye, hapfuye abantu muri ako kagari k’iwacu bageze ku ijana. Kandi bose twabashyize mu mwobo umwe turawufunga, turabubakira . Ariko mu rugo rwanjye ntabwo harimo abana banjye gusa n’umugore, harimo n’abakozi. Hari umukobwa umwe w’inshuti yacu…wari umukozi wacu, ariko hanyuma yari yaragiye twaramushakiye akazi ahandi. We barebye mu identité [indangamuntu] basanga ari umuhutukazi, kandi baramubwira bati: “we va aho ntacyo tugushakira.” Kandi kuko yari asindagije umugore wanjye yari yakomeretse, we yaravuze ati: “jyewe ntabwo muva iruhande, nimunyica munyicane nawe.” Yanze kumuva iruhande kandi bamwiciye hamwe n’umugore wanjye. Claude kuko ari muremure, ibyo ni mushiki we wabimbwiye. Bamukubise agafuni mu mutwe hanyuma yitura hasi hanyuma bamanukana mu mwobo. Ariko ahongaho icyo bakoraga iyo bamaraga kugukubita inyundo cyangwa ikindi bakurikizagaho kukurasa isasu kugirango we gukomeza gusakuza.
Murengezi Wilberforce: Kandi hari umusirikare umwe wahaje sinzi izina rye ariko n’abamumbwiye. Abo bakize, ko yaje akababwira ati: “mwe gutuma basakuza. Mubigire buhoro be gutaka, mubakubite inyundo nimurangize mubarase, mujye mumurasa birangire. Kandi mugire vuba hano mu muhanda hano ntidushaka abantu bahaguma, za satelité ziratureba.” Ibyo ni ibyo nabwiye n’umuturanyi wanjye twari duturanye, we washoboye kwihisha, ariko nawe umugore we yarapfuye. Ariko we yashoboye kwihisha ntiyagira icyo aba. Mu kuvuga ukuri rero, ntabyo nabonye uretse uwo mwana mutoya Céline Uwineza, we sinzi niba ari Imana yohereje umuntu ariko haje umusirikare aravuga ati: “abana bato bose…mwese muzamuke. Kandi na Céline yari umwana muto w’imyaka icyenda nawe arazamuka basubira mu babikira. Ni uko yakize kubera ko uwo muntu yaje akavuga ati: “abana bato muzamuke musubire mu kibikira.” Kandi ikintu cyabaye ni uko yaramubwiye…nyina yaramurembuje, amuha imfunguzo z’imodoka ati: “uzazihe papa numubona.” Ntabwo yashoboye kuzimpa kuko birukanse kandi icyabaye igikomeye n’uko n’iyo modoka ntabwo bashoboye…
Steven: Francine se we ibye byagenze bite?
Murengezi Wilberforce: Ku bya Francine rwose ntacyo namenya, kuko na murumuna we ntacyo avuga. Yabonye byinshi ariko avuga bike cyane. Ariko mu magambo avuga yambwiye, yambwiye ko bamutemye n’umupanga. Ntabwo nkunda kumubaza byinshi kuko iyo ntangiye kumuganiriza mbona ko nawe nta kunda kubivuga cyane. Akunda kwicecekera. Ariko rimwe na rimwe iyo mubajije akantu arakambwira ariko kuganira umwanya munini agutekerereza ntabwo bimukundira.
Steven: Wumva wasobanura ute, kuba uri umubyeyi ugapfusha abana n’umugore mu bintu nk’ibi ?
Murengezi Wilberforce: Mbere, umuntu yumvaga ko ahari yari inzozi, ahari arimo kurota. Ariko iminsi igashira indi igataha, kuko ukumva ko ari ibintu byabaye, kuko utababona . Kandi rimwe na rimwe [sinzi niba n’abandi bijya bibabaho] ariko jye rimwe na rimwe hariho igihe nganira n’umwe muri bo. Nijoro, ukumva muraganiriye, ariko biba ikibazo kuko ntibigushiramo. Kuko nkanjye Imana yampaye umugisha mbona undi mugore, ndetse nongera no kubyara abandi bana babiri batoya. Ariko ntabwo bigushiramo iteka cyane cyane iyo bigeze muri iki gihe, utangira kubibuka, kubatekereza ndetse no muri kamere yawe, mu mbaraga zawe, wari usanganywe hari ikintu kigabanuka cyane… kigabanuka cyane. Ntabwo umuntu ashobora kongera kumera nk’uko yari ameze ntabwo bikunda. Kuko famille uba warabayemo… famille yawe, mukamara imyaka makumyabiri n’itanu, noneho mvuye ku mugore wanjye we kuko twamenyanye kera tukiri abana. Urumva ni souvenir zo mu bwana zirakura, zirakura kugeza igihe mubaye…mwubatse urugo mukabana neza, mukabyara abana, hanyuma bigashira. Wumva usa n’aho usigaye…utari… ukibaza ndetse rimwe na rimwe impamvu wasigaye.
Murengezi Wilberforce: Ariko ni byiza kuko hanyuma Imana iragushumbusha, ukaguha umugore mukabana mugafashanya byose. Bikagufasha no kurera abato bari basigaye, kuko urabizi abagabo kurera abana ari bonyine bira…biraruhanya, ariko iyo ugize Imana ukabona umugore mwiza, aragufasha mukabarera bagakura. None barakuze, John …imfura yanjye John Murengezi, yararongoye nawe afite abana ubu ndi sogokuru w’abana. Kandi na Céline ubu yatangiye kwiga muri univerisité, bose bari abana bato. Kandi ukabyara n’abandi bana babiri bose beza, ushimira Imana abo bana iguhaye n’umugore wundi yaguhaye kugirango mukomeze gufatanya ubuzima busigaye.
Steven: Wumva ushobora kubabarira abantu bakoze biriya bintu ?
Murengezi Wilberforce: Ni…ni ikibazo gikomeye. Kuko kubabarira umuntu, ubwa mbere na mbere ugomba kubanza ukamenya uwo ari we. Kuko ntiwababarira umuntu utagusabye imbabazi. Cyangwa se utamenye uwo ari we ngo umurebe uti: uriya yari yabaye umusazi reka mwihorere. Birakomeye rero kuvuga ijambo ryo kubabarira. Ariko mpamya ko umuntu aje akambwira ati: “ naraguhemukiye nakwiciye umugore, nakwiciye abana,” namubarira. kuko mwishe nanjye naba mbaye umwicanyi. Namubabarira rwose. Ariko ikibazo gihari ni ukumenya ahubwo uwo ubabarira uwo ari we, ni inde? Kuko abahutu bose ntabwo bishe, ntabwo rero wavuga ngo urababarira abahutu. Ugomba kumenya umuntu ku izina rye uti kanaka yankoreye ibi ariko ndamubabariye. Kandi nk’umukristo nanjye nzi ko bavuga ngo mujye mubabarira abantu ibyaha babakorera kuko nanjye ubyo munkorera ndabibabarira. Nk’umukristo rero nemera ko umuntu ashobora kubabarira umuntu, ariko cyane cyane agomba kumenya uwo ababarira uwo ari we . Aje imbere yanjye rero akansaba imbabazi, namubabarira. Njye numva ari uko nabivuga ariko yabivuze. Kuko ntabwo watanga imbabazi ngo uvuge ngo ndababariye bande se? Mpanya ndetse ko aricyo kintu tubura muri iki gihugu cyacu cyo mu Rwanda. Ni uko umuntu ashobora kuvuga ati: “ jyewe naraguhemukiye. nagize gutya, nishe abantu bawe, none mbabarira.” Icyo gihe umuntu yababarira, ariko igihe abantu bose…benshi babihakana ko ntabyo bakoze, ukibaza niba abo bantu bariyishe, barapfuye gusa . Kuko abantu babyemera nibake cyane; ugereranyije n’umubare w’abantu bapfuye . Abo duturanye…twari duturanye, nakubwira urugero rumwe rw’umugabo twari duturanye witwa Simbizi. Hagati ye n’iwanjye hari haciyemo inzu imwe. Twari tuziranye kuva kera. Kandi bamufashe baje kumbaza kugirango ndebe niba muzi. Kandi mugeze imbere baramubajije bati: “uyu muntu uramuzi?” Yaravuze ati: “oya ntabwo muzi.” Umh! Urumva icyo kintu kirakomeye noneho kugirango umuntu avuge ngo ntakuzi, umuntu twiraranwaga, mwasangiraga, umwana we yajyaga aza iwanjye agasangira n’abanjye rwose. Umh! ariko yaravuze ngo ntabwo anzi, kandi twari duturanye. Ibyo rero bigaragaza ko abanyarwanda igihe bataravugisha ukuri, no kwemera ikintu bakoze, gutanga imbabazi bizaruhanya. Ariko ubundi nibyo byari byiza.
Steven: None se ubwo wumva ubutabera bushoboka? Cyangwa usanga budashoboka ?Wowe wumva ubutabera bwarakoze ku byaha byakorewe abana bawe?
Murengezi Wilberforce: Kugeza ubu ntabwo irakorwa . kugeza ubu nta justice [ubutabera] irakorwa,eeh… navuga kuri jye ntayo irakorwa, kandi mpamya ko no kubandi ari uko. Kuko justice y’umuntu wakumaze umuryango, wakumazeho abana, ni iyihe? Gufungwa imyaka itanu, cyangwa itandatu, cyangwa icumi bakamufungura uba ubonye iki ? Aba ahanwe iki ? Justice…ubutabera buzakorwa abantu bazakirwa imanza bakurikije amategeko uko avugwa, ariko abenshi ntibazamenyekana.Abenshi ntabwo bazamenyekana. Niho ikibazo gikomereye. Kuko abenshi bahunze n’aho biciye, bakajya gutura ahandi batabazi. Ahandi ndetse nabagira abo bamenya bagatinya kubavuga, kuko babagirira nabi hanyuma. Ni…mu Rwanda n’ikibazo gikomeye cyane kugirango hatabaye gusaba imbabazi, no kwirega kw’abantu, no kwemera icyaha bakoze, bizaruhanya cyane.
Steven: Wiyumvise gute, igihe wari wagiye hanyuma ukumva ko umuryango wawe bawishe? Wumvise umerewe ute…?
Murengezi Wilberforce: Eeh, nararwaye. Eeh…, narwaye indwara ntazi, bwari bwo bwa mbere ingeraho, ariko narwaye kwishima [ahita yishima mu mutwe no ku maboko], umubiri wose. Nkishima cyane kumara igihe kandi najya kwa muganga ntibambonere umuti. Kandi umuganga yarambwiye umwe nagiye kureba ureba ibyerekeye iby’ihahamuka cyangwa ibindi… arambwira ati: “ nuwumva ushaka kurira jya urira cyane. Wiherereye urire.” Icyo gihe nari jyenyine nari narashoboye kugera muri Kenya i Nairobi, kandi hafi ninjoro buri gihe…urumva ku manywa waratemberaga ukajya kureba abandi bahunze mukaganira, ariko ninjoro uryamye nibwo wibuka ibintu byose, ukumva aho usigaye, ukumva utazi ibyo ari byo. Kuko uretse abo mu muryango wanjye no mu muryango wo hirya, hari mukuru wanjye twari duturanye, n’umugore we, n’abana bamwe bo muri famille[mu muryango] urabizi familles [imiryango] zo muri Afrika, na data. Nabo bari bamaze gupfa . Hari… muramu wanjye musaza w’umugore wanjye n’umugore we n’abana be batandatu, bose bari bamaze gupfa. Hari databukwe na mabukwe, bose bari bamaze gupfa. Urumva rero wumvaga ko uruhande rwawe rwose nta gisigaye. Na John…John niwe nari nzi ko ariho kuko yarigaga, yarigaga mu mahanga hanze, we nari nzi ko ariho we twaravuganaga . Ariko na Céline sinamenye ko yariho nawe nari nzi ko yapfuye.
Murengezi Wilberforce: Ubwo rero numva ko umuryango wose: ari umuryango w’umugore wanjye; ari umuryango wanjye; nta gisigaye. Ariko by’amahirwe twaje kugira amahirwe kubona abandi bavandimwe babiri basigaye, batagize icyo baba bashoboye kujya muri mille collines [hoteli yihishemo abantu]. Hanyuma hari na murumuna…na barumuna b’umugore wanjye babiri. Ubwo urumva rero nyuma wongeye kubona ko hari abandi bantu bakiriho, bikaguhumuriza. Bikagutera kongera gushaka kubaho, kandi cyane cyane no kureba abo bana usigaranye, ukumva ko ugomba kubaho no kugirango babeho nk’uko Imana yabaguhaye kandi basigaye. Usanga rero ari ngombwa gukora icyo ushoboye cyose kugirango n’abo basigaye bazashobore kubaho no kwiga no kugira icyo bageraho.
Steven: Wumva wifuza ko bakwibukwa gute ?
Murengezi Wilberforce: Eeh, cyane cyane nk’iyi minsi bashyiraho yo kwibuka, itariki ya karindwi ni umunsi umuntu yongera akabibuka cyane. N’ubwo n’ubundi umuntu abibuka, ariko uba umunsi usangiraho n’abandi banyarwanda kwibuka abanyu. Bigatuma mutekereza ikintu cyakorwa kugirango ibi bintu byabayeho…iri tsebwabwoko ryabayeho, ritazongera kubaho. Yewe ritazagira n’undi ribaho mu isi. Kuko ni ikintu giteye ubwoba. Kandi cyane cyane nkunda kureba amafoto yabo, kuko nari mfite mushiki wanjye wabaga i Kinshasa. Hari amafoto menshi yari afite n’amwe naberetse niwe wayampaye, kuko inzu barayitwitse yose n’ibyarimo byose ntacyo twabonye . Ariko yashoboye kuduha amafoto amwe, nkunda rero kwicara rimwe na rimwe nkayareba, kandi bituma nibuka…mbibuka. Mbese n’ubu nkibaza nti: “ubu baba bameze bate? Aba bana baba bameze bate? Nyina wabo aba ameze ate?” Ni ibintu rero nibuka cyane. Kandi nta muntu ushobora kugukuramo kwibuka abantu bawe, bagize ubuzima bwawe . N’ubwo hariho abantu baba badashaka ko mubyibuka, mubivuga, ariko twebwe ntidushobora kutabyibuka. Tuzahora tubyibuka kandi n’abana bacu babimenye, kugirango nabo bazanabyirinde. Kuko ahari akenshi twa…twazize kwibwira ko bidashoboka. Ariko ubu tuzi neza ko abantu bashobora kugambirira gukora…kumaraho abantu . Igikuru cya mbere n’ukumenya ko mugomba kwanga icyo kintu. Mu bitekerezo mubyigisha abandi, kandi byaba ngombwa kubirwanya n’imbaraga…n’ingufu mukabirwanya.
Steven: Ni iki u Rwanda rugomba gukora kugirango rwirinde ibibi nk’ibyo mu gihe kizaza ?
Murengezi Wilberforce: Ni nkabyo nasobanuraga mu kanya, ariko ikintu cya mbere ni ukwigisha abantu. Ni ukubasobanurira ikibi kiri mu kugira nabi. Kuko kugira nabi bigira ingaruka buri gihe kuri buri muntu. Ndahamya ko abantu babikoze igihe birukankaka ibirometero ubundi umuntu atagenda, bapfira mu nzira, bicwa n’indwara, bicwa n’amasasu, bicwa n’umunaniro. Bagenda mu ishyamba kugenda ibirometero n’ibirometero n’ibirometero bagasiga ingo zabo ni ikintu kibabaje nabo kuri bo. Kitari kubaho iyo batabikora. Kugirango rero u Rwanda ubwarwo rwirinde kuzagwa muri icyo kintu…muri ibyo byago indi nshuro, icya mbere gikuru ni ukwigisha abantu. Ngewe nishimira ibyo leta ikora, byo kujyana abantu mu ngando, kubigisha kubabwira no kubereka ingaruka zabyo kuko ntawe…ntawe zigwa neza. Ni…ni ikintu gikuru cyo kwigisha. Kandi mpamya ko bizatwara igihe kinini, kuko mu Rwanda batangiye kwigisha ibintu by’amoko muri za mirongo itanu n’icyenda [1959]… mirongwitanu… guhera icyo gihe cyose hashira imyaka igeze kuri mirongo itatu. Géneration [ababyirutse] yose ije, yumva icyo yumva icyo. None rero bizashaka…sinzi niba bizatwara igihe kingana gutyo na none, cyo kugirango géneration yindi ize nayo… ize itumva ko… umuhutu agomba kwanga umututsi, ko umututsi agomba kwanga umuhutu… Igihe kizaba kirekire… Ariko kugirango abanyarwanda bagere hano, aho bicanye muri Jenoside. Barabyigishijwe imyaka myinshi. Mu ishuri barabitwigishije; kuko jye nabaye n’umwarimu, no mubyo twigishaga nabyo byazagamo, baguhaga programme [gahunda] y’ibyo wigisha n’ubwo utabyemera ariko ukabivuga [araseka]! Byari… icyo gihe cyabaye kwigisha igihe kininii… N’ibindi rero, mu Rwanda nabo icyo bakwiye gukora nk’uko babitangiye ni ukwigisha. Kwigisha…kwigisha… Kandi mpamya ko inyigisho zitanzwe neza, exemple [ingero] zibaye nziza, ibyitegererezo bibaye byiza, muri génération [urubyaro] yakurikiraho mpamya ko byashira. N’ubwo abantu bajya bibuka, ariko twajya tubyitirira ko ari imyigishirize mibi, politique mbi, byazashira buhoro buhoro. Birakomeye ko mu bantu b’ubu géneration [urungano] yanjye mvuge…byashira, yabyemera ariko wenda ka kantu kakirimo.
Murengezi Wilberforce: Ariko mpamya ko mu bana, mu rubyiruko bagenda bigisha, bigisha inyigisho niyo ya mbere nkuru. Inyigisho niyo yabiteye, inyigisho niyo izabirangiza. Nta kindi cyabirangiza.
Steven: Turangiza mbwira uko wumva ejo hazaza? Wilbeforce wa none ni inde; kandi ejo hazaza uhumva ute? Ese wumva uhafitiye ikizere, cyangwa se wumva hazaba heza; cyangwa…
Murengezi Wilberforce: Aah…! [araseka] Nabanje kukubwira nti jye nk’umuntu w’Imana nizera ibintu bizaba byiza. Nizera ko akazoza k’igihugu cyacu, kazaba keza. Avenir[ejo hazaza] y’igihugu cyacu izaba nziza. Ariko kugirango ibe nziza ni uko tubikora…ni uko tubikorera. Nitutabikorera ntabwo izaba nziza. Ariko nitutabikorera, avenir [ejo hazaza] yacu izaba nziza. Ni ikintu rero kitari icya Murengezi wenyine, n’ikintu kitari icya abayobozi bonyine, ni ikintu abanyarwanda bose bagomba kwiyumvisha. Ko niba dushaka kuzamera neza mu mu gihe kiri imbere, kuzirinda ibyo byose twanyuzemo, tugomba kubikorera. Ntabwo bizizana ni icyo nakubwira.
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Liberation And Post-Liberation Life
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Family Life Before And After The Genocide
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