Oral Testimony of MUTANGUHA Freddy

  
  
  
  
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Id:kmc00007
Title:Oral Testimony of MUTANGUHA Freddy
Sequence:1 of 2
Abstract:The oral testimony of MUTANGUHA Freddy, a survivor of the Genocide Against the Tutsi, recorded by the Kigali Genocide Memorial in Kigali, Rwanda. The testimony discusses early memories of childhood and family, the worst atrocities during the Genocide, suffering and witnessing human rights abuses, surviving the Genocide and life after the Genocide. The testimony is given in Kinyarwanda, and English, French, and Kinyarwanda transcripts are available.
Contributor: Aegis Trust (UK)
Publisher:Kigali Genocide Memorial
Language:kin
Rights:Kigali Genocide Memorial
Subject Headings: Genocide--Rwanda--History--20th century
Genocide-Rwanda--Survivor
Testimony--Rwanda
Tutsi (African people)--Interviews
Tutsi (African people)--Crimes against--Rwanda
Rwanda--Ethnic Relations--History--20th Century
Rwanda--History--Civil War, 1994--Atrocities
Creator: MUTANGUHA Freddy; Kigali Genocide Memorial
Formats: mini-DV tape
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Continue with Part 2 of the Oral History Testimony of MUTANGUHA Freddy.

Dock windowVoir traduction française
Steven: Freddy, peut-être que tu pourrais commencer par nous dire ton nom et ton âge ?
Freddy: Je m’appelle Mutanguha Freddy, j’ai 28 ans.
Steven: Freddy, est-ce que tu peux me parler de ton enfance ? Parle-moi de ton souvenir d’enfance le plus ancien, la première chose dont tu te souviens durant ton enfance.
Freddy: J’étais un petit garçon très turbulent, je me rappelle que ma mère parlait souvent de moi à ses amies. Elle disait : « J’ai un fils très turbulent, il casse tout autour de lui. » J’étais aussi passionné par le football, je me souviens que j’ai été intégré dans une équipe d’adultes alors que j’étais très petit, j’étais encore à l’école primaire. C’est de ça que je me souviens plus que tout autre chose.
Steven: Dis-moi ce dont tu te souviens à propos de tes parents. Si tu t’en souviens…
Freddy: Je vais commencer par me mère qui m’a mis au monde. J’aimais ma mère plus que tout au monde, je crois que c’est tout à fait naturel. Je l’aimais tellement que je me souviens de tout ce qu’elle faisait, cela est surtout dû au fait que j’étais toujours à ses côtés. Je me rappelle qu’elle n’était pas une mère égoïste, elle était très généreuse. Elle aimait tout le monde et avait beaucoup d’amis, elle me disait souvent : « Dans la vie, il faut être sociable et faire des amis. La vie c’est vivre dans la société parce que quand tu as de bonnes relations avec les gens, tu ne manques de rien. Et puis, il ne faut pas être égoïste, il faut toujours partager ce qu’on a. » Elle n’avait pas beaucoup de biens, mais elle donnait généreusement…c’est aujourd’hui que je vois les fruits de ses œuvres parce que les gens qu’elle a aidé disent toujours : « Tu ne manqueras jamais de rien aussi longtemps que nous serons là à cause de l’extrême bonté de ta mère. »
Steven: Et ton père ?
Freddy: Mon père était quelqu’un de très calme, il n’aimait pas trop parler. En plus, d’après ce que ses amis d’enfance me disent jusqu’à présent, ceux avec qui il a étudié au petit Séminaire, c’est que mon père était très fort de caractère, il supportait tous les problèmes qui lui arrivaient. En plus, il consolait toujours ses amis, ils leur disait toujours : « La première des choses, c’est la foi. » Ces deux choses : son calme et son courage me font toujours penser à lui. Il ne se décourageait jamais quelles que soient les circonstances…c’est surtout ça, le souvenir que j’ai de lui.
Steven: Y a t-il autre chose dont tu te souviens en famille, avec tes frères et sœurs ou autres…le plus grand souvenir que tu as des enfants.
Freddy: Ce que je peux dire là dessus c’est que.. peut-être que j’ai parlé de mes parents seulement mais je vais essayer de parler de mes sœurs. Elles étaient au nombre de quatre, elles sont toutes mortes durant le Génocide, elles ont tuées d’une façon abominable. Il y a une parmi elles qui a été projeté au fond des latrines alors qu’elle était encore en vie… Avant tout, je voudrais parler de celle qui s’appelait Angélique. vous savez, vous pouvez être nombreux dans une famille mais parmi tes frères et sœurs, il y a quelqu’un dont tu te sens plus proche que les autres…j’étais bien plus âgé qu’elle, je l’aimais beaucoup, elle m’aimait aussi de sorte qu’elle n’allait jamais à l’école sans moi. Quand j’allais à l’école, je la portais toujours dans mes bras puis je courais avec elle, c’était comme un lift. Autre chose qui me fait penser à elle est que…au fait quand elle a commencé l’école, j’étais en 6ème et quand j’étais en 7ème, quand un enfant l’insultait, elle venait me le dire…c’est comme si j’étais tout pour elle. Personne ne pouvait la frapper, tu sais bien comment les enfants aiment se bagarrer…pour elle, j’étais sa force, quelqu’un de très précieux. A la maison, elle me racontait tous ses petits secrets sur ce qu’elle a vu en rentrant.
Steven: Parle-moi de moments particulièrement heureux que tu as passés avec ta famille, des fêtes par exemple ou autres circonstances de joie…parle-moi des moments de joie dont tu te souviens.
Freddy: Je me rappelle que ce qui nous plaisait c’était quand les enseignants allaient…au fait, maman était enseignante et quand ils allaient être payés, ils disaient qu’ils allaient à la réunion mais maman me disait de la rejoindre à Rubengera à 13 heures. Chaque fois qu’elle était payée, elle devait coûte que coûte m’acheter du lait avec un petit gâteau. J’étais très jeune, ça se comprend. Une fois, alors que j’étais déjà à l’école secondaire, maman m’a dit : « Tu es grand maintenant, je veux t’acheter une Primus [bière] mais tu ne dois pas finir toute la bouteille ; je tiens à te montrer qu’au fur et à mesure qu’on grandit, on monte d’étape. Aujourd’hui je ne te considère plus comme un enfant mais comme un adulte, comme quelqu’un à qui je peux demander conseil. » Ce jour là, elle m’a dit beaucoup de choses, je ne peux tout raconter mais je me rappelle bien de ce jour là, elle m’a acheté une bière puis m’a dit beaucoup de choses.
Steven: Dis-moi, que t’a-t-elle?
Freddy: Elle m’avait d’abord montré qu’à un certain moment…l’ethnie Tutsi n’était pas du tout désirée dans le pays, c’est en ce moment même qu’elle m’a raconté comment depuis l’époque où elle a réussi le tronc commun [examen permettant de passer au secondaire qui faisait partie du vieux système et qui est revenu aujourd’hui], jusqu’à ce qu’elle finisse ses études secondaires qu’un élève Tutsi a pu passer à l’école secondaire dans l’établissement primaire où elle enseignait. Tu comprends donc que tout le temps qu’elle a passé à étudier [au secondaire, donc 6 ans], aucun Tutsi n’avait réussi le tronc commun dans cette école primaire. Elle a poursuivi en ces mots : « Tu vois, je suis la seule de la famille à avoir étudié alors que j’ai des frères qui sont intelligents. Ils vont rester cultivateurs alors que tous ces enfants des Hutus qui étudient ne sont pas plus intelligents qu’eux. Mais une chose dont je suis sûre, c’est que tu étudieras mais surtout prend soin de la famille comme je l’ai fait. » Elle me donnait des exemples tels que : « Tu sais que je paie les frais d’études de Edouard, mon frère. Ce n’est pas facile pour moi d’assumer les responsabilités à la maison et lui payer ses études en même temps. » Edouard étudiait au Zaïre, le Congo d’aujourd’hui. Elle poursuivit : « Il faut savoir que ces gens ne t’aiment pas, tu dois savoir comment te comporter. »
suite...
Freddy: Elle me disait également : « Tu dois te comporter comme ton père, il figure parmi les gens que j’apprécie beaucoup parce qu’il est très patient. Même moi, des fois j’ai été un fardeau pour lui, je ne m’en rendais compte qu’après mais la façon dont il se comporte à mon égard…était très positive. » Elle a continué en disant, « Certes tu aimes le football mais il ne faut qu’il te distraie dans tes études. » Ce temps là, j’avais eu 65% alors que d’habitude j’avais toujours une distinction. Elle ma’ dit : « Je sais que ceci n’est autre que la conséquence du football, rien ne doit te distraire, tu dois consacrer ta vie aux études pour réussir. » C’est de ça que je me souviens, peut-être que petit à petit d’autres souvenirs vont revenir.
Steven: Parle-moi d’un souvenir vraiment difficile résultant du Génocide.
Freddy: Ce dont je me rappelle qui me fait le plus mal, c’est…la nuit du 13…[il n’arrive plus à parler, il pleure] ce qui me fait le plus mal, c’est d’ailleurs ce qui m’a empêché de parler tout à l’heure…c’est la nuit du 13 avril 1994, le jour où ils sont venus tuer les gens à la maison…maman était venue me trouver là où j’étais caché, elle m’avait emmené…elle savait que j’avais passé plusieurs jours sans manger, elle m’avait apporté…ce temps là personne ne pouvait préparer à manger, il n’y avait plus rien à la maison, plus rien dans le stock parce que quelques fois, ils donnaient de la nourriture aux Interahamwe pour qu’ils ne les tuent pas. Il y avait des haricots mais puisqu’elle savait que je n’aimais pas, elle m’a apporté des légumes, des légumes avec des [fruits couramment appelés] maracuja puis elle m’a dit : « Je n’ai pas trouvé quoi t’apporter mais… » [pleurs]. Elle me disait : « Tu te rappelles les gens dont je t’ai parlé qui nous détestent, ils ont tout emporté…maintenant je ne trouve pas quoi donner à mon fils…s’il te plaît, essaie de manger ça et surtout sois courageux. » Ces fruits de maracuja sont pour moi le souvenir du dernier repas que maman m’a servi. Autre chose dont je garde le souvenir c’est lorsqu’elle était près de mourir. Elle m’a dit : « Si vous avez la chance de survivre ta sœur et toi, soyez mûrs. » Ce sont là deux choses que je garde toujours au fond de mon cœur.
Steven: Freddy, as-tu été témoin de la mort de certains des membres de ta famille ? As-assisté à la mort de certains membres de ta famille ? Peux-tu me dire ce qui s’est passé ?
Freddy: Quand ils sont venus prendre mes sœurs, j’étais là puisqu’ils sont venus en disant : « Ces enfants sont trop bouffis, nous allons revenir les prendre dans très peu de temps parce que maintenant, nous sommes fatigués. » Ils ont pris les petites avec eux, je suis resté avec ma sœur. Nous les avons vus les emporter et même qu’ils ne les ont pas tués loin de chez nous. Je ne les ai pas bien vus le faire mais nous pouvions facilement entendre leurs cris. Maman, elle, a été tuée loin de la maison…quand la nuit est tombée, son corps était encore exposé dehors. Nous avons ensuite courus, moi avec un autre garçon qui vivait à la maison, l’enterrer…nous n’avons fait que mettre de la terre par dessus son corps. Le seul corps que j’ai pu voir est celui de maman mais pas ceux de mes petites sœurs…je n’ai fait qu’entendre leurs cris.
Steven: Est-ce que tu sais qui a fait ça ? Connais-tu la personne qui les a tués ?
Freddy: Etant donné que je ne le voyais…je ne les voyais pas comme je regarde devant moi comme ça mais j’ai vu ceux qui sont venus les prendre à la maison. C’était des voisins. Parmi eux il y avait un homme appelé Benoit qui avait été notre voisin durant des années et qui avait une boutique tout près. Ils avaient de très bons rapports. Je me souviens qu’il arrivait parfois qu’il prête de l’argent à ma mère pour que je puisse aller à l’école quand elle était à court d’argent. Il était une des personnes à la tête du groupe de gens qui sont venus les emmener pour les tuer. Il y avait un autre jeune homme appelé Kanani qui était son élève dans le primaire. Quelques unes des personnes dans notre cour ont essayé de les défendre parce que mes parents leur avaient donné de l’argent en échange de leur protection C’est cet homme-là qui tenait la main de maman quand ils l’ont fait sortir de la maison. Il l’a ensuite relâchée et elle a couru, mais ils ont vite fait de la rattraper. Je m’en souviens très clairement.
Steven: As-tu une idée sur la façon dont elle a été tuée ?
Freddy: Ma mère a été frappée à mort de coups de gourdins.
Steven: Durant le reste du Génocide, t’est-il arrivé d’assister à d’autres atrocités commises par les tueurs ? Les voyais-tu souvent à l’œuvre ?
Freddy: Oui ça m’arrive souvent, surtout en Avril parce que c’est durant cette période que je pense à ce qui est arrivé. C’est surtout en avril que je m’en souviens. C’est durant cette période que je fais des cauchemars des gens qui en tuent d’autres, des Interahamwe…mais normalement j’ai la chance de ne pas souvent faire de cauchemars, c’est de la chance. Cependant, en avril j’en fais.
Steven: Je vais te poser deux questions difficiles si tu le permets. Comment agissaient les tueurs en ce temps là ? Ils tuaient comment ? Que ce soit les membres de ta famille ou les autres…un souvenir de la façon dont ils commettaient leurs crimes…
Freddy: Ce qui me revient surtout à la mémoire, c’était la façon dont ils dénichaient les gens de leur cachette et les poursuivaient. Ils avaient même des chiens. Je me rappelle qu’il y avait un homme qui s’appelait Canisius, il avait beaucoup de chiens, les Interahamwe les utilisaient pour dénicher les gens des buissons puis ils les traquaient jusqu’à les attraper, quelques instants plus tard, tu entendais des cris, ça signifiait que le gibier venait d’être abattu. Ils traquaient les gens comme des gibiers, je me rappelle bien que le Tutsi n’était plus un être humain mais une bête, ce temps là il n’avait plus le droit d’être humain. Le Tutsi était complètement devenu un animal de sorte qu’avant qu’il ne soit tué, ses agresseurs s’étaient déjà mis en tête qu’il ne s’agissait pas de tuer un humain mais quelque chose d’autre qu’un humain. C’est cela qui me revient le plus à la mémoire et qui me fait de la peine.
Steven: A part tes voisins, est-ce que tu connais certains de ceux qui ont participé aux crimes?…les connaissais-tu ?
Freddy: Bien sûr, je les connaissais. Parmi eux figuraient des gens comme Niyonsenga qui insistait pour violer ma sœur…il n’y est pas parvenu. Ils sont nombreux, je les connais.
Steven: Est-ce qu’être un rescapé a un sens pour toi ?
Freddy: Etre un rescapé est non seulement une chance mais aussi une responsabilité parce que la plupart des rescapés vivent à peine. Peu d’entre eux sont ceux qui sont en mesure d’aboutir à quelque chose en ce qui concerne leur bien-être, je veux dire manger…des choses comme ça. Très peu ont à peine accès à l’élémentaire. C’est donc une responsabilité pour ceux là qui sont dans de meilleures conditions de partager avec ceux qui n’ont rien. Je dis que c’est une chance parce que si on considère le poids qu’avait ce qui est arrivé et ceux promouvaient la cause tels que le Gouvernement Rwandais et les autres puissants Etats comme la France, il est facile de comprendre que survivre était une chose difficile. Ainsi donc, je trouve qu’être rescapé est en même temps une chance et une responsabilité.
Steven: Que ressentais-tu en 1994 ? Quel âge avais-tu ? 15, 16…. Ah ! 19 ans. Que ressentais-tu ? Ressentais-tu de la colère ? Te sentais-tu vide… Dans quel état était ton cœur ? A quoi pensais-tu?
Freddy: Ce temps là, il se peut que je ne sois pas en mesure de bien de le décrire mais j’avais peur. J’imaginais la machette s’abattre sur mon coup, ma tête coupée gisant par terre…J’imaginais comment ils allaient tuer ma mère…je parle de la période du 8 au 14avril. Mon cœur était rempli de peur là de où j’étais dans les plafonds d’autrui. J’avais terriblement froid, on me mettait près du feu mais derrière un gros tamis où étaient posées des assiettes pour que la personne entretenant le feu ne me voit guère. J’étais mort de peur, je n’avais pas beaucoup d’espoir de survie mais par après je n’avais plus peur du tout. La vie et la mort ne signifiaient plus grand chose de sorte que ma sœur et moi marchions sur les routes sans craindre les barrières sauf qu’une fois nous avons eu peur, et depuis ce jour-là nous avons compris que ce n’était pas bien.
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Steven: So Freddy, maybe you can begin by telling me your name. Maybe you can tell me your name and your age.
Freddy: My name is Mutanguha Freddy and I am 28 years old.
Steven: Freddy, can you tell me… tell me your earliest memory. The first thing you can remember about your childhood? From when you were a child, what sort of things do you remember from your childhood?
Freddy: When I was young, I remember I was very boisterous. I used to be so boisterous. I remember my mum would talk about me with other parents, telling them she had a very boisterous son who would break all utensils. I remember I used to like playing football; I joined a senior team when I was still in primary school. Nothing else could make me happy as much as playing football. That is my best memory.
Steven: Tell me about your memory of your parents. If you recall…
Freddy: I will begin with my mum who gave birth to me. My mother was the person I loved the most in the whole world; I can still remember everything she used to do. Maybe because I used to be by her side all the time. I remember she was a very kind and generous parent. She was very social and had many friends. She used to tell me, “Life is about making friends and learning how to live with people. When you know how to live with people, you will never fail to get anything. And, it is not good to be selfish, you should always share with others.” She did not have a lot but she gave a lot to those she lived with. And, now I can see the fruits of her deeds. All the people who help me do it in the name of… they say, “You will never lack anything as long as we’re here thanks to your mother’s deeds.”
Steven: What about your father?
Freddy: The memories I have about my father… the first thing I remember… he was a very quiet man; he wasn’t very talkative. And from what others say about his childhood while in the seminary school up to now, he was tolerant with all types of problems. And he used to console others by assuring them that “the first thing is to have faith.” Those are the things that remind me of him. His being a silent person and his patience, in fact he never used to be discouraged whenever he would face difficulties. Those are the things that remind me of him.
Steven: What is the memory of your household with your sisters and everybody? What is the strongest memory you have about all the children?
Freddy: I would say… maybe I only talked of my parents… But let me talk about the kids, my sisters who were killed during the genocide. They were four and all of them were killed so badly because, some of them were dumped alive in the latrine… Of all my sisters who died, Angelique is the one I remember the most. Sometimes there’s a special bond between two siblings. I was much older than her but we loved each other very much. I loved her very much and she loved me too. In fact, she would miss school if I was not taking her myself. I always used to carry her in my arms when we were going to school and run with her and she’d tell me that she was having a lot of fun. I finished primary school when she was just starting it. She used to tell me that in school, when other kids would want to fight with her, she’d feel very safe simply because she knew I was around. She felt like I was everything to her. She completely trusted me. And, at home she would all the time be busy telling me all her little secrets.
Steven: Tell me about particularly happy times that you had in your family? Maybe holidays, maybe a celebration or a wedding, or a party… I don’t know, just tell me something that you remember with a fond memory.
Freddy: The most special event that used to give me joy was that whenever they would get paid… My mother was a primary school teacher. Whenever she’d get her pay, she used to tell me to find her in a place called Rubengera at around 1 p.m. after her meeting and she’s buy me milk and cake as I was still a child. When I reached secondary school, she once told me that she wanted to buy me a bottle of primus (beer), but she forbade me to finish it. She then told me she wanted me to know that there are many stages in life and that I had now moved on to a level where she no longer considered me as a child: she could now confide in me. She told me many things on that day.
Steven: Tell me, what did she tell you?
Freddy: She first told me that there was a time… Tutsis were not liked in this country. She explained to me how when she passed her primary school exams ‘Ordinary Level Examinations’ [Tronc Commun in French, it was once in the school system in Rwanda and it is back again today], no Tutsi ever passed again that exam until she completed her secondary school and became a teacher in the same school [six years later]. She said to me, “I am the only one who is educated in my whole family yet my brothers are intelligent and yet their fate is to become cultivators. Hutu children get schools yet they are not brighter than my brothers but I can assure you that you will complete your studies. And I am asking you to take care of your family as I did.” She gave me an example: “Hope you see that I fund my brother Edward…” She took him to secondary school in Congo, called Zaïre at that time. “It is very hard for me to look after my family and catering for his school needs yet he is outside the country.” She added, “All you need to know is you are not liked and you ought to learn how to behave in such a situation.”
continue...
Freddy: She went on to tell me, “Something I would like from you is that you behave like your father. He is one of the people I appreciate for their patience. Personally, sometimes I give him a hard time and I realise it when it is too late, but he always responds perfectly to the situation.” She continued, “I know you like football, but don’t let it obstruct you from doing school work.” I hadn’t performed very well in class that year; I had got 65% yet normally I used to get a distinction [between 75% and 85%]. She told me it was certainly due to football. “But please I beg you, nothing else should take away your attention. In your life you have to complete your studies so that in the future, you can do something for yourself.” That is all I remember right now but slowly by slowly I will recall other things.
Steven: Tell me about a difficult memory from the genocide.
Freddy: All I remember… the first memory of genocide that hurts me most is the night of 13th… [he cries] Something that hurts me whenever I recall it… in fact that’s the reason I had was unable to talk. On the 13th of April 1994, the day they came to kill my family members. Mum found me where I was hiding; she brought me… I was very hungry and she knew I was because, by then nobody could cook. And, there was nothing left in the house; the stock was empty. They would bribe the hungry Interahamwe with food, so that they don’t kill them for sometime. Only beans were left at home. But, because she knew I did not like beans, she brought me some vegetables and passion fruits. Then she said to me; “I failed to find anything for you to eat but…” [he again cries]. She said, “I couldn’t find anything to bring you. The people I told you about, the ones who don’t like us took everything from me. Now I am failing to get something to give my child.” Then she added, “Try and eat this, it will be okay. And, be strong.” Today, passion fruits constitute a reminder of the last meal my mum gave me. The other thing I remember is that, before she died, she told me that my sister and I should be very strong if we happen to survive, she told me to be a man! Those are the two things that are still on my heart till this day.
Steven: Freddy did you witness the death of any of your family? Did you see the death of any of your family… did you see any of your family being killed? Can you just tell me what happened?
Freddy: Well… I was there when my sisters were about to be killed. The perpetrators came saying: “We are tired, we shall take these fat kids [Freddy and his sister] later.” Therefore, my sister and I stayed behind and they took the younger ones. With our own eyes, we saw them being taken and they were killed not far from where we were. However, I was not able to see each and everything. But while killing them… they would scream and we heard them screaming. Another thing I remember is that my mum was taken very far away to be killed. Therefore, we went running… at night she [her deadbody] was still out there. A certain boy and I rushed there and buried her. We simply covered her with soil. In brief I only saw my mum’s corpse. I never saw the corpses of the rest. I only heard the noise my sisters made while they were being killed.
Steven: Do you know who did it?…do you know who killed them?
Freddy: Because I wouldn’t see him… I wouldn’t see them the way I am seeing you in front of me, but I know the people who took them. It was our neighbours, among them was a man called Benoit who had been our neighbour for years and who owned a shop nearby. He was her friend and he even used to lend her money for me to go to school the times she didn’t have money. They were relating to each other very well. He was one of the leaders of the group that took them the time they came to kill them. There was another young man called Kanani. She was Kanani’s teacher in primary. Some people inside the compound tried to fight with them as they had been given money by my parents and he’s the one who was holding her hand when they were taking her out of the house; he later on let go of it. When he released her, my mum ran away but they found her where she had ran too. At least I can still remember that incident very clearly…
Steven: Freddy, how did they kill your mother?
Freddy: My mother was beaten to death with clubs.
Steven: During the rest of the genocide, did you continue to witness what the killers were doing? Did you see the killers often?
Freddy: I normally think about it… it normally happens during April because that is when I think about what took place in Rwanda the most. Yeah, in April is when I remember. And during that time, I get nightmares, I see people killing others… I see Interahamwe killing people. But otherwise, I am lucky I rarely have nightmares. However, in April I get them.
Steven: Can I ask you more difficult questions… can I ask two more… is it okay?How did the killers go about doing their work? What did you see them doing to your family, to other people, what did you see? How did it happen?
Freddy: The one thing I keep remembering is the way they’d get people from their hiding places and run after them with dogs. I remember a certain man called Canisius, he had many dogs that were used in hunting people from the bushes where they were hiding. Once they caught them, you’d hear screams that meant they had been killed. They run after them as though they were animals, Tutsis were no longer human beings then. I remember how Tutsis were denied their rights as human beings. They had become like animals and they started killing Tutsis as they believed they were not human beings. They believed they were killing something else, not human beings. I remember that thing so well and it hurts me.
Steven: Apart from your neighbour, did you know anybody who was involved in killings.. did you know…?
Freddy: Yes, I know them very well… I know them. One of them is called Niyonsenga; he wanted to rape my sister. However, he never succeeded. They were very many and I knew them.
Steven: Freddy, what does it mean to… be a survivor, what did you feel when you survived?
Freddy: Personally I believe having survived… Being a survivor is luck yes but it is also a big responsibility. I look at it as responsibility because many of the survivors are very poor and do not even have the least necessary for life [food and a shelter]. That’s why those who have something to share need to feel responsible for the ones who do not have anything. And I call it a privilege because when I consider what took place in Rwanda, with all the determination that was put in and when you consider all those who were fully motivated such as the Government of Rwanda or other Governments of powerful countries, like the French Government. We can easily say that it is a miracle that some people survived. Therefore, I believe that it is a privilege to be a survivor and I believe it is a big responsibility.
Steven: What did you feel in 1994…? How old were you… 15, 16..? oh 19. What did you feel ? Did you feel angry, Did you feel empty? Did you feel… what was in your mind and in your heart?
Freddy: How I felt during that time… Maybe I cannot say exacty how I felt. But I was so afraid. I used to imagine a machete cutting my neck all the time. And I would imagine my neck on the floor. I would always imagine seeing my mum being killed [I mean the period from the 8th to the 14th of April.] My heart was full of fear while in the ceiling where I was hiding in someone’s house. They used to allow me to sit near the fire as I would be freezing in the cold. I was hiding behind a big sieve [used for sorghum] so that whoever was making the fire, wouldn’t be able to see me. I was so afraid and I lost hope of survival. I reached a point where I was no longer scared. I was no longer afraid of death; death or life meant nothing to me anymore. Sometimes my sister and I would walk on the road… we walked a lot but we were not afraid of passing where there were roadblocks. We only feared to pass a roadblock once but we realised that it wasn’t good, because there is a certain place where I reached…
Dock windowUbuhamya bwanditse
Steven: Freddy ndumva ushobora gutangira utubwira amazina yawe , n’imyaka yawe.
Freddy: Nitwa Mutanguha Fredy, nkaba mfite imyaka 28.
Steven: Freddy Ushobora kumbwira ibintu wibuka ku buzima bwawe bw’ubwana ? Igihe wari ukiri umwana umbwire ibintu waba wibuka.
Freddy: Nkiri umwana ndibuka yuko nari umwana ukubagana cyane...ko nakubaganaga cyane. Ndibuka ko na mama yajyaga akunda kunganira n’abandi babyeyi ati : « mfite umwana ariko arakubagana, amena ibintu cyane. Kandi nkibuka yuko nakundaga umupira ; umupira w’amaguru. Ninjiye mu ikipe y’abantu bakuru, ndi umwana cyane niga muri primaire [amashuri abanza], ku buryo numvaga rwose nta kintu gishobora kunshimisha cyane kitari umupira w’amaguru . Icyo kintu nicyo nibuka kurusha ibindi.
Steven: Mbwira ibyo wibuka ku babyeyi bawe, ibyo ukibuka.
Freddy: Ndahera kuri mama wambyaye. Mama wambyaye niwe nakundaga kurusha ibintu byose ngirango bibaho. Ku buryo ibyo yakoraga byose numva nkibyibuka, cyane cyane ko namubaye iruhande igihe cyose yari akiriho.Nibuka ko yari umubyeyi utaba gito, yari umubyeyi ugira ubuntu cyane. Yakundaga abantu, ndetse akagira inshuti nyinshi. Izo nshuti nyinshi yagiraga, yakundaga no kumbwira ati : « kubaho ni ukugira inshuti, kandi kubaho ni ukubana. Iyo ubana n’abantu ntacyo ubura, kandi ntabwo ari byiza kwikubira, ibyo ufite ujye ubihaho n’abandi. Ntiyari afite byinshi ariko yatanze byinshi. Kubo babanaga. Ku buryo umusaruro wabo nywubona muri iki gihe, aho abangirira neza bose, babikesha… bavuga bati: “ntacyo watuburana dukurikije ibyo mama wawe yadukoreye.”
Steven: Naho papa wawe?
Freddy: Icyo nibuka kuri papa wanjye, ikintu cya mbere ni uko yari umugabo ucecetse. Ntabwo yakundaga kuvuga byinshi, kandi nkurikije ibyo ababanye nawe akiri umwana, yiga mu iseminari bambwira kugeza na n’ubu, ni uko yakundaga kwihanganira ingorane zose. Kandi agakunda… gukomeza abandi, akababwira ati: “ikibaho cya mbere ni ukwizera.” Ibyo bintu rero mbimwibukiraho, yuko kuba yari acecetse akamenya kwihangana, ndetse nta nubwo yakundaga kwidekuraja [gucika intege] iyo yahuraga n’ibizazane icyo kintu nicyo mwibukiraho.
Steven: Ni ikihe kintu gikomeye wibuka ku muryango wawe, haba ku bavandimwe bawe bashiki bawe n’abandi… ni iki gikomeye ubibukiraho mu bwana bwawe?
Freddy: Ikintu navuga, wenda navuze ku babyeyi, ariko reka mvuge no ku bana bashiki banjye bishwe mu gihe cya Jenoside. Bari bane, babica bose kandi babica nabi, kuko hari mo bataye muri toilettes batarapfa. Ariko ikintu cya mbere… cya mbere nibuka ni uwari urimo witwaga Angélique. Hari igihe uba uvukana n’abantu, ariko ukagira mubo muvukana uwo ubona ko ari inshuti yawe bikabije. Namurushaga imyaka myinshi, ariko twarakundanaga cyane. Yarankundaga nanjye nkamukunda. Nkaba nibuka rero ikintu cyane cyane yuko atajyaga ku ishuri nanjye ntagiye yo. Kuko nakundaga kugenda mutwaye mu maboko nkamwirukankana mu maboko we akambwira ko iyo agiye ku ishuri agenda ari mu munyenga. Ikindi kintu mwibukiraho cyane n’uko yambwira ati : “iyo turi ku ishuri”…ubwo twigaga muri primaire njye nari ndi muwa… yatangiye primaire niga mu wa gatandatu, mu gihe nari ndi nko muwa karindwi iyo hari umwana watukaga yazaga kumbwira, ku buryo yabonaga ko kuba mpari yabonaga ko ndi byose . Nta n’umuntu ushobora kumukubita, uziko abana bakunda kurwana. Ariko yabaga anyumvamo imbaraga ze, yanyumvagamo ikizere gikomeye. Ku buryo no mu rugo yakundaga kumbwira utubanga twe twose yahuye natwo mu nzira.
Steven: Mbwira ibyerekeranye n’ibihe byiza wanyuzemo mu muryango wawe. Nk’iminsi mikuru yabaga iwanyu mu rugo, ibindi bintu byiza… mbwira icyo waba ubyibukaho.
Freddy: Ikintu nibuka cyadushimishaga mu rugo cyane cyane nakunda kuvuga nko mu gihe abarimu bahe… mama yari umwarimukazi wo muri primaire, ariko ikintu cyanshimishaga ni uko iyo yajyaga guhembwa, bavugaga ngo bagiye mu nama ariko akambwira ati : “ nibigeza saa saba uve mu rugo uze unsange,” ni ahitwaga i Rubengera. Iyo yabaga yahembwe, byanze bikunze yagombaga kungurira amata na keke, nari umwana birumvikana. Byagezaga aho… aho ngereye muri sécondaire yigeze kumbwira ati : “noneho ndabona umaze kuba umugabo, ndashaka kukugurira primus.” Yarayinguriye ariko ambuza kuyinywa ngo nyimare ; arambwira ati: “nagirango nkwereke yuko iyo umuntu agenda akura hari étape [urwego] ugenda urenga, ubu ntabwo nkikubara nk’umwana, ndakubara nk’uwo dushobora kujya inama.” Kuko icyo gihe yambwiye byinshi sinzi niba nabirondora, ariko icyo gihe umunzi wa mbere angurira primus yambwiye ibintu byinshi cyane.
Steven: Mbwira, ni ibiki yakubwiye?
Freddy: Ikintu yambwiraga, yabanje kunyereka yuko hari igihe…ubwoko bw’abatutsi budakunzwe mu gihugu, ni nabwo yambwiye yuko ajya kuba umwarimukazi, ya…akimara gutsinda avuye muri primaire agiye muri tronc commun [igihimba rusange] cyari igice…ni ibintu bya kera ariko ubungubu byaragarutse. Yuko amaze kurangiza humanité [amashuri yisumbuye] nibwo umwana w’umututsi yongeye gutsinda kuri icyo kigo akigishamo. Ubwo urumva yuko hagati aho yaragiye kwiga nta wundi mwana w’umututsi wigeze atsinda kuri icyo kigo. Aravuga ati: “ubu nize jyenyine iwacu kandi mfite basaza banjye bazi ubwenge. Ati: bose bagiye kuzaba abahinzi, kandi abana b’abahutu bo batanabarusha ubwenge bose babonye amashuri . Ati : ariko ibyo aribyo byose icyo nkwizeza cyo ni kimwe, ni uko wowe uziga, kandi nkaba ngusabye yuko bariya… ugomba kuzajya umenya famille, nk’uko nanjye nayimenye.” Yampaga urugero avuga ati : “ubungubu urabona yuko ndihira musaza wanjye witwa Edouard, [yari yaramujyanye kwiga muri séondaire muri Zaïre ubungubu yabaye Congo] avuga ati : birandushya cyane gutunga urugo, nkanamurihira n’amashuri kandi yiga mu mahanga, ati birandushya cyane.” ati: “icyo ugomba kumenya cyo, ni uko batagukunda, ugomba kumenya ukuntu ugomba kwitwara.”
arakomeza...
Freddy: Ikindi yambwiraga yarambwiraga ati: “ngusabye yuko uzajya witwara nka so, ati: mu bantu njya nshima, ati: nawe arimo yuko azi kwihangana, ati: “nanjye ubwanjye hari igihe namugoraga. Nkamugora cyane, ariko nkaza kubimenya nyuma, ariko uburyo yanyi…yanyitwayeho nkasanga ari byiza cyane.” Icyo kintu rero aravuga ati: “ibyo aribyo byose ukunda umupira cyane ndabibona, ariko ntibikazajye bikurangaza no mu ishuri. Icyo gihe nari nagize amanota makeya, nagize 65% kandi ubundi nakundaga kugira distinction [hagati ya 75% na 85%]. Arambwira ati: “ndabizi ni impamvu z’umupira. ati : rero ndagusabye ko nta kindi kigomba kukurangaza, ubuzima bwawe ugomba kuburagiza ishuri, kugirango uzagire icyo wigezaho. Nibyo nibuka ariko wenda buhoro buhoro nagenda nibuka ibindi.
Steven: Mbwira ingorane zikomeye wibuka wahuye nazo muri Jenoside.
Freddy: Ibintu nibuka… icya mbere nibuka kikambabaza cyane ni…ni ijoro ryo kuri cumi na gatatu… [aha yananiwe kuvuga] …Ikintu gusa nibuka kikambabaza ni nacyo cyari kinteye ikiniga, ni uko mu ijoro ryo kuwa cumi na gatatu [13/04/1994] baraye bari bwice abantu bo mu rugo, mama yansanze ahantu nihishe… Ubwo mama yaje kundeba aza anzaniye… aho nari nihishe inzara yari yaranyishe abizi aza anzaniye… kuko icyo gihe ntibashoboraga kubona ukuntu bateka, icyo gihe ibintu byose byari byarashize mu nzu. Stock y’ibiryo yarashize mu nzu. Kubera ko bagendaga mbese babiha Interahamwe zishonje, kugirango mbese zo kubica rimwe na rimwe, hari hasigaye gusa ibishyimbo mu rugo. Ariko agiye kunzanira kuko yari azi ko ntabikunda cyane, aza anzanijye imboga… imboga nyine za rwatsi, anzanira n’amatunda, ariya bita maracuja. Aravuga ati : “nabuze ikintu nkuzanira ati: ariko… [aha yongeye kugira ikiniga] …yarambwiye ati : “nabuze ikintu nkuzanira, ati : ba bantu nakubwiraga yuko batwanga, ati : ibintu ibintu babimazeho, ati : none ubu mbuze ikintu ngaburira umwana wanjye .” Arambwira ati : “gerageza kuri ibyongibyo rwose nta kibazo, kandi wihangane.” Ubwo ayo matunda niyo ambera urwibutso. Ambera urwibutso rw’igaburo rya nyuma, mama yampaye. Ikindi kintu nibuka, ni uko agiye gupfa yambwiye ngo…ati: “ni migira amahirwe mukabaho, muzabe abagabo we na mushiki wawe .” ibyo nibyo bintu bibiri nibuka nkumva bikindi ku mutima kugeza ubu.
Steven: Wigeze ubona [uhibereye] urupfu rw’abantu bo mu muryago wawe .
Freddy: Icyo umu… bagiye kwica bashiki banjye byo narabirebaga, kuko baje bakavuga bati: “ibi byana binini byo, twananiwe turaza kubitwara mu kanya.” Njye na mushiki wanjye turasigara, batwara abana bato. Bo bagiye tubareba, ndetse naho babiciye ntabwo ari kure yaho, uretse ko ntabirebaga neza, ariko babiciye…babicaga basakuza tubumva. Ikindi ni uko mama bagiye kumwicira kure, ariko twaje kwirukanka…kuko bumaze kwira yari akiri ku gasozi. Ndagenda n’undi muhungu twabanaga, turirukanka tujya kumushyingura, twamushyize… twamurengejeho udutaka gusa . Muri make n’uko nabonye umurambo wa mama gusa, nta bandi nabonye. Ariko abo bashiki banjye bo, induru zo kubica zo narazumvaga.
Steven: Waba uzi uwabikoze ? …Waba uzi uwabishe ?
Freddy: Kubera ko ntamurebaga…ntabarebaga nk’uko navuga ngo ndi kureba imbere yanjye, ariko abaje kubatwara ndabazi . Ni abantu twari duturanye barimo umugabo witwa Benoît, hari n’umu… uwo mugabo witwa Benoît ndetse bari baranabanye cyane, kuko hari n’igihe mama yaburaga amafaranga yo kunjyana ku ishuri aka…kuko we yari afite boutique akaba ariwe uyampa. Akaba ari… niwe wagiye…waje ashoreye igitero nawe ari mu bantu bakomeye muri icyo gitero, baje kubica. Hakaba hari n’umuhungu yigishaga…yigishije muri primaire, witwaga Kanani, nzi neza ko ari nawe wamukuye mu nzu nyuma i gitero… abo bari bazanye ; abari bari mu rugo bari bahaye amafaranga bagasa nk’abajya kurwana. Ariko we yamufashe akaboko amukura mu nzu nyuma aza kumurekura, mama nawe aza kwirukanka, nyuma baza kumusanga iyo yirukankiye. Ariko ibyo aribyo byose ibyongibyo byo ndabyibuka byo…
Steven: Waba uzi uburyo bamwishe ?
Freddy: Bamukubise amahiri bamwica.
Steven: Nyuma y’aho Jenoside ibereye, bijya bikunda kukubaho mu buzima bwa buri munsi ko bikugaruka mu bitekerezo, ukabona ibyabaye, abicanyi…
Freddy: Ibyo nkunda kubibona, bikunda kuza cyane cyane mu gihe cyo mu kwa kane, kuko ariho ndushaho gutekereza ku byabaye mu Rwanda. Mu kwezi k’ukwa kane nibwo nkunda kwibuka. Ubwo icyo gihe rero nibwo nshobora kurota mbona abantu bica abantu, mbona Interahamwe zica abantu… ariko ubundi ntabwo kurota bikunze kumbaho. Ngira amahirwe ariko mu gihe cyo mu kwa kane rimwe na rimwe ndabirota.
Steven: Wanyemerera nkakubaza ibindi bibazo bibiri bikomeye? ...Wabonaga abicanyi bakora iki muri kiriya gihe? Bicaga abantu gute ari abo mu muryango wawe n’abandi…Ibintu wibuka wabonye ukuntu bicaga abantu…
Freddy: Icyo mbona …icyo nkunda kwibuka, n’icyerekeye no kwirukankana abantu babavumbura, aho bihishe. Babaga bafite imbwa ndibuka umugabo witwa Canisius, yari afite imbwa nyinshi bakundaga gukoresha mu guhiga abantu aho bihishe mu gihuru, bakirukankana umuntu mpaka bamufashe . Ukumva induru zivuga ngo baramwishe . Babirukankanaga nk’inyamaswa, ntabwo abatutsi bari bakiri abantu muri icyo gihe. Icyo kintu ndakibuka yuko bambuye umututsi kuba umuntu . Bamugira inyamaswa neza neza, ku buryo bajya kumwica bamaze kubona ko atari umuntu ahubwo ari ukwica ikindi kintu kitari umuntu. Icyo kintu numva nkibuka cyane, kandi nkumva kirambabaje.
Steven: Abaturanyi banyu bari mu bwicanyi… babugizemo uruhare hari abo waba uzi?
Freddy: Eh, ndabazi cyane. Ndabazi . Ndabazi bitwa ba Niyonsenga abongabo… wahoraga arwanira kugirango aviyole [afate ku ngufu] mushiki wanjye. Ahubwo n’uko ata… ntabwo yashoboye kubigeraho, ni benshi ndabazi.
Steven: Kuba uri umuntu wacitse ku icumu , kuri bwawe wumva bivuze iki?
Freddy: Ngewe kuba naracitse ku icumu, usibye ko ari n’amahirwe ariko ubundi ni n’inshingano. Mbibona mo inshingano kuko abacitse ku icumu benshi, badafite uko bameze. Abakeya muri bo bakaba aribo bifite, bashoboye no kugira icyo bigezaho ku byerekeye no gutunga ubuzima ndavuga nk’ibyo kurya nibyo… mbese n’ubuzima bw’ibanze ababufite ni bakeya . Ni inshingano rero cyane, z’ababufite, ubwo ubuzima bw’ibanze kubusangira n’abatabufite. Mvuga ko arero amahirwe…kuko iyo urebye ibyabaye mu Rwanda, ukareba n’ingufu byari bifite n’abari babirimo; ari leta y’u Rwanda; ari leta z’ahandi, kandi z’ ibihugu by’ibihangange nk’ubufaransa. Wabonaga yuko kugirango umuntu asaguke byari bigoye cyane. Numvaga rero kuba uwacitse ku icumu n’amahirwe kandi ni n’inshingano zikomeye.
Steven: Ese wiyumvaga gute muri1994? Harya wari ufite imyaka ingahe cumin’itandatu…ok, cumi n’icyenda. None se wiyumvaga gute? Wumvaga ufite umujinya, wumvaga se umeze nk’igishushungwe…Wiyumvaga ute mu mutima, watekerezaga iki?
Freddy: Njyewe icyo…uko numvaga meze muri icyo gihe, hari igihe ubungubu ntashobora kubisubiramo, ariko ubundi bwa mbere nagiraga ubwoba bwinshi. Ngahora ntekereza ukuntu umuhoro ugiye kuzakubita igikanu kikagwa , ngahora nkibona hasi cyaguye, ngahora mbona ukuntu bagiye kwica mama [ndavuga nka période yo kuva ku itariki umunani kugeza kuri cumi n’enye mu kwezi kwa kane] naranzwe n’ubwoba ahantu nabaga ndi muri plafond z’ abandi bantu. Ngakonja bakanjyana ku ziko bakanshyira inyuma y’urutaro, kugirango umuntu ucanye ataza kumbona . Nabagaho ku buryo numvaga ndangwa n’ubwoba, nta kizere cyinshi cyo kubaho mfite. Ariko nyuma y’aho nageze aho ubwoba buranshirana neza neza ku buryo numvaga napfa, ntapfa, numvaga ntacyo bintwaye. Ku buryo hari igihe njyewe na mushiki wanjye twagendaga mu nzira kuko twakoze urugendo rurerure, ntitwatinyaga kunyura ahantu ngo bari bariyeri, ngirango twabitinye rimwe kandi twabonye ko atari na byiza, kuko hari ahantu nageze…
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